5mn de symbolisme « La Communauté initiatique ou le Centre de l’Union »


V :. M :. et vous tous mes frères et sœurs en vos grades et qualité,

La franc-maçonnerie ne prévoit pas de noviciat, cette période nécessaire pour qu’un candidat qui souhaite entrer dans un ordre religieux, fasse l’expérience de sa vie future, puisse éprouver sa volonté et acquérir la certitude de sa vocation. Au contraire ! Dès son initiation, l’apprenti franc-maçon doit directement faire face au long chemin qu’il a décidé d’emprunter. Dès cet instant, on lui demande une persévérance et une vigilance constantes : ses maîtres-mots deviennent assiduité, travail, comportement exemplaire, maîtrise de soi… jusqu’à ce qu’il se rende apte, ou non, à passer la succession de grades qui se présentent à lui.

Avant de prononcer ses vœux et d’intégrer définitivement sa communauté, le novice à la vie religieuse a déjà eu un aperçu de ce que sera son existence. Mais avant son initiation, l’Apprenti maçon, lui, n’en a au contraire aucune idée. Et à moins de démissionner, il n’a plus vraiment le choix : ce sera à lui de percevoir la Sagesse en éprouvant le silence, la Force en apprenant à diriger sa volonté, la Beauté en s’intégrant harmonieusement à la communauté qui l’a fait naître.

Cette méthode maçonnique nous oblige triplement :

  • D’abord, lors du vote par boules blanches et noires, elle oblige les membres de la loge à
    dissiper tout doute résiduel, à se poser la question : le candidat pourra-t-il s’intégrer
    facilement dans notre communauté ? Je vous avoue que, toutes les fois que j’entends, en
    parlant d’un candidat potentiel, une phrase du style « lui, ça lui ferait du bien de nous
    rejoindre », je suis gêné. La question se pose peut-être pour certains mais elle ne doit pas
    être placée au centre du débat.
  • Ensuite, elle oblige le nouvel apprenti à se fondre dans la communauté qui l’a élu, à s’y
    intégrer comme les bâtisseurs des cathédrales s’intégraient aux chantiers successifs dans
    lesquels ils étaient admis : en donnant le meilleur d’eux-mêmes, en apportant leur style
    propre, tout en gardant une forme d’humilité. Sauf dans de rares exceptions, leur nom a
    disparu. Et seule leur contribution à la construction collective reste dans l’Histoire.
  • Enfin, pour tendre vers une forme d’universel, elle oblige la loge à adopter deux attitudes
    d’équilibre, tout aussi importantes l’une que l’autre :
    – d’une part maintenir une forme de tradition initiatique qui respecte les fondamentaux du rituel afin de rester une puissance symbolique,
    – d’autre part remettre perpétuellement en question sa méthode, autrement dit être
    capable de faire circuler le verbe, reformuler le rituel et travailler les symboles.
  • Au tout début de la cérémonie, le rituel d’initiation nous enseigne ceci « La franc-maçonnerie a été fondée pour être le Centre de l’Union. Cette mission impose des devoirs qu’il faut accepter sans réticence et avec enthousiasme. » Cette formule « le Centre de l’Union » signifie que la loge est un foyer spirituel, un creuset, un espace où chaque membre, tout en étant unique, contribue à l’unité collective et aspire à des valeurs de fraternité et de sagesse au service de la communauté.
  • J’ai dit.

5mn de symbolisme « Marianne »

Marianne

V :. M :. et vous tous mes frères et sœurs en vos grades et qualité,


Lors de mon initiation, j’ai eu le bonheur de naître à la maçonnerie et de connaître le même jour ma sœur jumelle. Dans la vie profane, ni elle ni moi n’avons de frère ou de sœur de sang. Mais ce soir-là, nous nous sommes reconnus instantanément. Et depuis, avec pourtant des parcours bien différents, chacun recherche la compagnie de l’autre, chacun reste profondément attaché et attentif à l’autre.

Pourquoi est-ce que je vous parle de ma sœur jumelle ? Parce que c’est grâce à elle si l’effigie de Marianne, cette figure de la République qui nous est chère, décore notre Orient.
Marianne, c’est cette femme au bonnet rouge, au regard farouche et lumineux, dont le visage orne les mairies françaises, les timbres-poste, les formulaires administratifs et les bâtiments officiels. Vous la connaissez tous, il me faudrait plusieurs heures pour vous raconter son histoire. Ce soir, je me contenterai d’évoquer son origine comme puissance symbolique.

Remontons quelques siècles en arrière. Avant qu’elle n’existe, il y avait un roi, un roi sacré, un roi représentant de Dieu sur terre, dont la silhouette ornait les lieux publics, les pièces de monnaie, les sceaux royaux. Chaque document officiel était émis en son nom ; chaque soldat jurait fidélité à sa personne. Sous l’Ancien Régime, c’est la personne physique du roi qui incarnait la France.

A la fin du XVIIIe siècle, la France allait traverser la Révolution. Brutale, terrible. Dès l’été 1789, l’Assemblée nationale constituante travaille à toute allure. Elle abolit les privilèges féodaux dans la nuit du 4 août. Elle vote la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, elle rédige une Constitution, elle réorganise le territoire français en départements, elle nationalise les biens de l’Eglise, elle crée une France nouvelle pièce par pièce dans une sorte d’ivresse législative.

Et dans ce processus, une question se pose. Comment représenter cette France nouvelle ? Avec quel symbole ? Quelles images ? Quels emblèmes ? L’urgence de la question est réelle. Dans une société largement analphabète, les images ont un pouvoir immense. Si la Révolution veut s’imposer dans les consciences, si elle veut créer une nouvelle légitimité, elle doit produire de nouvelles images qui remplacent les anciennes. Mais à quoi ressemble une nation ? À quoi ressemble un peuple ? Les premiers révolutionnaires cherchent des modèles dans l’antiquité comme ils le font pour tout le reste. La Grèce et Rome sont leur référence permanente. La liberté pour eux a le visage de la Rome républicaine. Sévère, virile, austère. Mais pour représenter la liberté dans les images populaires, une figure féminine s’impose plus naturellement.

En effet, dans la tradition allégorique européenne, les vertus abstraites sont féminines : la justice était une femme tenant une balance et un glaive ; la paix était une femme tenant un rameau d’olivier ; la prudence regardait dans un miroir ; la force tenait une colonne. Libertas, la déesse romaine de la liberté était aussi une femme. Elle était représentée avec un bonnet particulier, le piléus que les esclaves affranchis recevaient lors de leur libération. Ce bonnet passé dans la culture populaire française sous le nom de bonnet phrygien en référence aux représentations antiques, allait devenir l’attribut le plus reconnaissable de Marianne, celui qu’on identifie immédiatement, même de loin, même sur une petite pièce de monnaie. L’origine du nom, Marianne, est incertaine. L’explication la plus souvent avancée, est peut-être la plus belle. Marianne serait simplement la combinaison de deux prénoms très communs dans la France populaire du 18e siècle, Marie et Anne.

Les grandes religions durent parce qu’elles donnent aux gens des symboles qui incarnent leurs valeurs les plus profondes. La Révolution française a fait la même chose : elle ne s’est pas contentée de créer un nouveau régime politique. Elle a créé une nouvelle culture visuelle, un système civique avec ses fêtes, ses rituels, ses symboles, ses images sacrées. Et au centre de cette nouvelle culture visuelle, il y a toujours cette figure féminine qui incarne la Liberté, la République ou la Nation.

Marianne n’est pas seulement une image, elle est une icône dans le sens fort du terme. Elle représente la France comme projet, comme aspiration. Elle représente l’idée que la souveraineté appartient au peuple, que la liberté et l’égalité ne sont pas des privilèges, mais des droits, que la fraternité humaine est un idéal pour lequel il vaut la peine de se battre. Entre ceux qui ont des idées politiques opposés, ces symboles n’effacent pas les désaccords, ils ne les résolvent pas, mais ils permettent de coexister en proposant une communauté de sens qui relie chaque individu à quelque chose de plus grand que lui.

Marianne a été créée en France à la fin du siècle des Lumières, ce siècle qui a acquis la conviction que la raison et la science peuvent guider les affaires humaines mieux que la révélation ; Marianne a été créée dans les années 1780 à 1795, et aujourd’hui elle nous rappelle cet acte fondateur. Mais son rôle le plus essentiel va bien au-delà : il est d’obliger chaque génération à questionner la République, sa conception, sa transmission. Que signifient vraiment la liberté, l’égalité, la fraternité au 21e siècle, dans un monde qui cherche ses repères, dans une France qui se débat avec ses contradictions et ses
doutes ? C’est le propre des grands symboles. Ils n’offrent pas de réponses, ils sont des invitations à réfléchir.

Alors ce soir, je voudrais simplement remercier ma sœur jumelle qui m’a donné l’occasion d’explorer cette allégorie de la République, et qui a donné l’occasion à notre atelier d’afficher cette belle figure de Marianne à l’Orient.

J’ai dit.

Planche La rose

La Rose V :. M :. et vous tous mes frères et sœurs en vos grades et qualité,

Au début de ma vie professionnelle, je me souviens avoir passé un entretien d’embauche où le recruteur m’avait posé la question : « si vous étiez un personnage célèbre, qui seriez-vous ? » Un peu surpris par la question, j’avais répondu sans trop réfléchir « Antoine de Saint-Exupéry ». Dans mon imaginaire, cette figure représentait pour moi le symbole du héros : aviateur, pionnier de l’Aéropostale, combattant courageux, écrivain, poète, né à Lyon en 1900 et « mort pour la France » en 1944, il incarnait à mes yeux un modèle, un idéal du genre humain.

Qui n’a pas lu « Le Petit Prince » ? Savez-vous que ce chef d’œuvre intemporel est le livre le plus traduit au monde après la Bible ? Il raconte l’histoire d’un aviateur qui a dû atterrir d’urgence dans le désert du Sahara. Alors qu’il essaye de réparer le moteur de son avion, un petit bonhomme aux cheveux d’or vient à lui. Il lui demande d’abord de dessiner un mouton avant de lui raconter son histoire : le petit prince a quitté son astéroïde et la rose excentrique et un poil vaniteuse, dont il est amoureux, pour partir à l’aventure. Il fait le tour des planètes, rencontre des tas de gens sérieux aux comportements absurdes, avant de croiser un renard qui lui apprend le sens du mot « apprivoiser ». Sous couvert d’une simple histoire pour les enfants, Saint-Exupéry signe là une parabole pour les adultes, un conte initiatique dans lequel un petit garçon innocent mais lucide, nous dit que la loyauté, l’amitié, la profondeur des sentiments ne s’exhibent pas : elles se vivent, elles se cultivent, elles se partagent. « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux. » nous enseigne le renard.

La rose, le renard… ce sont les deux rencontres les plus importantes du petit prince.

La rose a ses défauts et ses caprices ! Le petit prince le sait bien. Mais même loin d’elle, il lui reste fidèle. Sa loyauté ne naît pas de la perfection, mais de l’attachement sincère qu’il a construit avec elle. Quant au renard, il nous enseigne que « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé ». Alors si je cherche dans mes souvenirs ceux qui m’ont laissé un goût durable, si je fais le bilan des heures qui ont compté dans ma vie, à coup sûr je retrouve celles où j’ai été moi-même, celles où je n’ai pas renié ce que j’avais construit, celles où j’ai renforcé les liens invisibles qui m’unissent à ceux que j’aime, qui m’unissent à vous. La véritable fidélité consiste à honorer les liens que l’on a choisi de créer.

Le rituel nous dit dès l’ouverture des travaux : « Mes frères et mes sœurs me reconnaissent comme tel ». C’est la même idée : apprivoiser le renard, être fidèle à sa rose ou reconnaître son F :. et sa S :. comme franc-maçon, signifient devenir responsable de l’autre et faire preuve d’une loyauté qui engage et qui renforce le lien. Tout le rituel d’initiation ne dit que cela, avec la scène du parjure comme point d’orgue. Et à la fin de la cérémonie, nous remettons au nouvel initié une rose afin qu’il porte symboliquement auprès de celui ou celle pour qui il a le plus d’estime une marque de fidélité.

Le monde des enfants est celui de l’insouciance et de la légèreté. Le monde des adultes est celui des affaires sérieuses et des soucis. A travers le Petit Prince, Saint-Exupéry ne nous invite pas à retomber en enfance mais plutôt à retrouver un rapport direct au monde et sans arrière-pensée, à redécouvrir le plaisir de la spontanéité et de la légèreté, à ressentir la joie immense face à la vie.

A l’issue de l’entretien avec le recruteur, j’ai eu la chance d’être embauché et, hasard ou destin, je m’occupe aujourd’hui de réparer des moteurs d’avions. J’ai dit.

5mn de symbolisme : La Lumière éclairant le monde

La Lumière éclairant le monde V :. M :. et vous tous mes frères et sœurs en vos grades et qualité,

Lors d’une récente visite à Colmar, en Alsace, j’ai découvert Auguste Bartholdi. Sculpteur alsacien, franc-maçon et profondément humaniste, Bartholdi a été initié à Paris en 1875, dans la fameuse loge Alsace-Lorraine du GODF, loge qui abritait de nombreuses célébrités de l’époque : des intellectuels, des artistes, des militaires et des hommes politiques. Bartholdi a eu une production sculpturale très féconde. Il est en particulier l’auteur de la statue la plus célèbre au monde. Je veux bien sûr parler de la statue de la Liberté. Alors arrêtons-nous ce midi sur cette représentation inaugurée en 1886 et essayons d’abord de trouver quelques-unes des briques qui composent sa généalogie.  

Depuis les origines, l’homme a cherché à donner forme à la lumière, et en premier lieu au soleil, même si, vouloir fixer dans la matière un principe impalpable peut sembler paradoxal. Dans la plus haute Antiquité, chez les Perses, Ahura Mazda fut la divinité unique de la religion zoroastriste. Il était esprit de lumière et par extension, de sagesse et de vérité. On le voit, avec sa barbe et ses longues ailes, représenté sur les nombreux bas-reliefs de la cité royale de Persépolis.  

Dans l’Égypte ancienne, on ne compte plus les représentations sculptées de Râ, le dieu du soleil, et de ses avatars. Sous le règne du pharaon Akhenaton, le disque solaire Aton est montré muni de rayons qui se terminent par des mains, comme si les artistes d’alors avaient cherché à figurer ce qu’on appelle aujourd’hui le rayonnement solaire, une énergie diffuse qui réchauffe et transmet la vie, une énergie universelle égale pour tous.  

Dans l’empire romain, le culte de Mithra a connu un grand succès jusqu’au IVe siècle ap. J.-C. Ce dieu très ancien, venu d’Iran et apparenté à Mazda, est le dieu de la lumière et du ciel diurne. C’est un dieu tout puissant et solaire, bienveillant et protecteur, garant de l’ordre cosmique et de la stabilité du monde. Son culte à mystère était réservé à une communauté d’adeptes. Il comprenait des rites initiatiques selon plusieurs grades, des banquets communautaires, et de la fraternité entre les membres.

En Grèce hellénistique, le dieu Hélios était vénéré notamment à Rhodes. Il était la personnificationmême du soleil. Il était représenté avec une couronne rayonnante et conduisant un char à travers le ciel. Il portait également des valeurs de fortune et de santé. Le colosse de Rhodes fut sa représentation monumentale la plus connue, visible de loin, signe de puissance et de protection des navigateurs.

Il est certain qu’au moment de concevoir la statue de la Liberté, dont le nom exact est La Liberté éclairant le monde, Bartholdi avait en tête ce précédent qui était autrefois formé d’une âme de bois recouvert de plaques de bronze. J’ajoute qu’à la fin des années 1860, bien avant qu’il fût francmaçon, il avait déjà eu l’idée d’une statue colossale à l’entrée du canal de Suez : il s’agissait d’un immense phare qui devait ressembler à une fallaha, une paysanne égyptienne en robe. La lumière devait émaner de son bandeau autour de la tête et de la torche qu’elle devait tenir à bout de bras.

Ces quelques exemples dans l’histoire de la sculpture montrent que l’homme a toujours cherché à sculpter la lumière. Ahura Mazda, Râ, Aton, Mithra ou Hélios étaient tous des dieux et au-delà de leur fonction solaire, ils transmettaient des valeurs de sagesse, de vérité, d’énergie bienfaitrice, de puissance et de fortune. Avec Bartholdi, la statue aux chaînes brisées n’est plus la représentation d’un soleil inaccessible : c’est une allégorie humaine qui porte la lumière et devient espérance, promesse de liberté dans le nouveau monde. Sa coiffe à sept branches est directement inspirée du Grand sceau de France, symbole officiel de la République française. Elle est vêtue d’une robe drapée à l’antique et si vous regardez bien, la statue fait un pas en avant, elle n’est pas statique : c’est en allant apporter la lumière vers tous les hommes que la liberté se révèlera dans la conscience de chacun. 

Sous la lumière silencieuse de la Lune

À ce moment de mon cheminement, j’ai ressenti la nécessité profonde de m’arrêter un instant sur un symbole discret mais essentiel, celui dont la lumière ne brille qu’à travers le reflet : la Lune.  

Elle ne resplendit pas par elle-même ; elle reçoit, puis renvoie. Elle ne domine pas le ciel ; elle l’accompagne de sa lumière douce, apaisante, parfois trouble. Elle ne dévoile pas tout ; elle rappelle que la clarté se découvre par étapes, au rythme des cycles et du silence.

Pourquoi la Lune ? Peut-être parce qu’au moment où je m’éveille à la dimension spirituelle du travail, j’ai besoin d’une lumière qui n’éblouit pas, mais qui guide.  

Peut-être aussi parce que la Lune incarne le symbole d’un savoir que je ne possède pas encore, mais que j’entrevois à travers les voiles du mystère.

Le propos que je tiens à partager aujourd’hui s’inscrit dans cette contemplation. Je cherche à comprendre comment la Lune éclaire mon chemin d’apprentissage, alors que j’apprends encore à regarder sans pouvoir tout voir.  

Car la Lune est à la fois lumière réfléchie et miroir intérieur ; elle enseigne la lenteur et la transformation ; elle garde le seuil de toute révélation.

Ainsi, je développerai ce travail selon deux axes :

– la Lune comme lumière réfléchie et symbole de l’apprentissage, celle qui éclaire sans brûler et m’apprend à recevoir avant de rayonner.  

– Puis, la Lune comme miroir de ma conscience et guide de ma transformation, celle qui renvoie à l’intime de soi et conduit doucement vers l’harmonie des contraires.

I. La Lune est une lumière réfléchie et le symbole de l’apprentissage,  

Entrer dans le Temple, c’est d’abord entrer dans un espace d’éveil. C’est laisser derrière soi la lumière trop crue du monde, pour apprivoiser peu à peu la clarté apaisée de cet espace.  

Au sortir de l’initiation, je me retrouve plongé dans une atmosphère qui ne ressemble à rien de connu : des symboles silencieux, un décor ordonné, une lumière tamisée qui semble vivre d’elle-même. C’est alors que mon regard se pose sur la Lune, placée à l’Orient, symboliquement associée au Soleil et au Vénérable.

Cette Lune éclaire doucement. Elle n’est pas le centre du monde, elle n’en a pas la puissance, mais elle y dépose une clarté qui apaise l’esprit.

Cette lumière est celle de mon regard en quête, du savoir encore fragile, de la conscience en formation. Elle est aussi l’image du silence qui entoure toute naissance spirituelle : avant de parler, il faut apprendre à écouter ; avant de vouloir comprendre, il faut savoir recevoir.

Dans le monde profane, la Lune a toujours été un symbole de mystère. Les civilisations l’ont associée à la féminité, à la lunaison, à la fécondité et au rêve. Elle règle le rythme des marées et du temps, accompagne la Terre sans jamais la quitter.  

Mais au-delà de la science ou des mythes, elle demeure la compagne de la nuit : fidèle, silencieuse, parfois absente, mais toujours promise à revenir. Elle rappelle ainsi à l’homme la loi du retour et l’impermanence des choses.  

Dans son éternel changement se dévoile une leçon de stabilité : celle de la constance dans la cyclicité.

Cette constance, je la découvre à travers mon propre travail. Au fil des tenues, je comprends que la Loge est elle aussi un astre vivant, rythmé par la lumière du Soleil et celle de la Lune.

La lumière de l’un vit dans l’autre ; la connaissance se propage non par imposition mais par réverbération.

La Lune incarne ainsi la lumière réfléchie : celle qui ne brûle pas, mais qui éclaire patiemment. C’est la lumière de l’ombre, intermédiaire entre la nuit et le jour. Elle enseigne la délicatesse et l’humilité qui accompagnent toute quête.  

Sous ses rayons, j’apprends à ne pas confondre compréhension et possession. Je découvre que la vérité initiatique ne s’octroie pas dans la clarté absolue, mais s’offre dans le clair-obscur d’une perception à demi voilée.

Cette lumière du doute devient alors formatrice. Comme la Lune dépend du Soleil, je dépends encore des enseignements qui me guident. Mais de cette dépendance naît une profonde liberté : celle de recevoir pour transformer.  

Car la lumière réfléchie n’est pas simple imitation ; elle est recomposition, adaptation intérieure. Ce que le Soleil dit dans l’éclat, la Lune l’interprète dans le silence. Ce que le Maître enseigne dans la parole, je le mûris dans le secret du travail sur moi.

Le temple, illuminé par cette clarté lunaire, devient un lieu de lente gestation. Il ne s’agit pas de fuir l’ombre, mais de l’habiter, de la comprendre comme un espace fécond où se prépare la lumière.  

La Maçonnerie n’oppose pas ombre et clarté ; elle les relie. La Lune se fait donc le symbole de ce passage, de cette pédagogie par laquelle j’apprends à discerner avant de juger, à observer avant d’agir.

A mesure que je progresse, je sens qu’elle se déplace, elle ne guide plus seulement mon regard, elle devient miroir de ma conscience.

II. La Lune, miroir de ma conscience et guide de ma transformation,

En effet, la lumière que je reçois ne reste pas immobile. En entrant dans ma conscience, elle devient miroir. Ce miroir, c’est celui de la Lune. Elle ne se contente plus d’éclairer le Temple ; elle éclaire mon intérieur, révélant ce que je porte déjà en moi sans toujours le reconnaître.

En Maçonnerie, toute lumière reçue appelle la réflexion : non pas au sens intellectuel, mais au sens symbolique – réfléchir la lumière comme on reflète un regard. J’apprends ainsi à me lire moi-même à travers la Lune. Elle me renvoie mon image, parfois déformée, parfois voilée, mais toujours fidèle à ce que je suis dans l’instant : un être en transformation.  

En regardant la Lune, je contemple mon propre devenir.

Cette métaphore se double d’un enseignement alchimique. La pierre brute que je taille devient peu à peu translucide telle l’albâtre. Ma conscience se déleste de ses opacités, de ses illusions, de son orgueil, pour devenir capable de refléter la clarté sans altération.  

La Lune guide ce passage du noir au blanc, de la pesanteur à la lumière ; elle est l’astre des métamorphoses, le témoin de mon travail intérieur.

Dans la Loge, la Lune veille silencieusement sur la parole. Sous son influence, celle-ci devient rare, mesurée, dense. Le silence prend valeur de signe. Il ne s’agit plus de taire pour cacher, mais de taire pour écouter.  

Chaque parole prononcée sous la Lune engage, car elle naît d’une méditation. Le langage cesse d’être profane pour devenir sacré. Ainsi, la Lune m’enseigne la maîtrise de la parole, le respect du silence et l’attention portée aux nuances de l’écoute.

Dans cette atmosphère, la transmission maçonnique prend tout son sens. Mes Frères et Sœurs plus avancés deviennent des lunes pour moi : ils reflètent la lumière solaire du Vénérable sans la transformer en éclat aveuglant. Ils transmettent avec discrétion, bienveillance et mesure.

À mon tour, je m’inscris dans ce mouvement : je reçois pour comprendre, je médite pour me transformer.

La Lune, gardienne du seuil, accompagne ma marche entre deux mondes. Elle veille à la frontière entre visible et invisible, entre action et contemplation, entre assurance et doute. Cette position intermédiaire n’est pas faiblesse, mais équilibre.  

La sagesse lunaire consiste à marcher sur la ligne fragile qui sépare la clarté brutale de l’obscurité confuse, à me tenir dans le juste milieu où la compréhension naît.

Cet équilibre s’exprime par la relation entre le Soleil et la Lune : le Soleil symbolise l’esprit éclatant, la raison claire et l’autorité de la parole – la Lune exprime l’âme réceptive, l’intuition et la profondeur silencieuse.  

Leur union forme l’harmonie du monde et la mienne. Car la lumière véritable n’est ni le jour total ni la nuit complète : elle est ce passage, ce clair-obscur où je trouve ma justesse.

À la fin du cycle, lorsque la Lune s’efface, elle n’a pas disparu : elle s’est unie à la lumière du jour.

La lune demeure pour moi le guide silencieux de mon travail intérieur.

Puisse-je, à son image, apprendre à recevoir la Lumière, à la méditer longuement avant de la transmettre, pour qu’un jour, à mon tour, je puisse refléter, sans éblouir la clarté du Soleil intérieur. 

La Pierre brute

Propos introductifs

Vénérable maître et vous tous mes FF et SS en vos grades et qualités,

J’ai choisi aujourd’hui comme thème de ma première planche maçonnique celui de la pierre brute. Non pas parce que c’est un thème choisi au hasard parmi toute la longue liste des symboles qui s’offrait à moi. Mais parce que c’est pour moi un symbole puissant, fort et plein de sens.

Et en effet, c’est un des tout premiers symboles mystérieux auquel un apprenti est confronté. D’ailleurs, dans ma vie de profane, avant d’avoir reçu la lumière, j’ai souvent entendu dire que le but d’un franc maçon était de tailler sa pierre et de la polir pour la rendre la plus parfaite possible. Cette formulation, bien que claire en apparence est selon moi trop banale. Nul ne sait vraiment le pouvoir de ce symbole tant qu’il ne s’est pas penché sur la question.

En réalité mes chers FF et SS, ce thème est venu à moi comme une évidence. Pourquoi ?

Et bien il me suffit de regarder à l’orient lors de nos travaux là ou parfois, je vous l’avoue mon esprit s’évade quelques instants. Cet objet, cette matière brute, est posée sous nos yeux. A l’état inerte, pourtant toujours présent. Sans jamais se dégrader, sans jamais bouger de place.

Mais avant de commencer, j’aimerais d’abord vous raconter cette anecdote. La première image que j’ai eu de la Franc maçonnerie était il y a fort longtemps. Lorsque j’étais jeune, je regardais toujours la télévision dans la chambre de mes parents avec la seule chaine que je captais, la RTBF. Un jour, je suis tombé sur un épisode des Simpson, intitulé « Homer le Grand ». C’était en 1995.

Dans cet épisode, Homer devient membre d’une société secrète appelée les Tailleurs de pierres. Je l’ai compris plus tard mais on y caricaturait la franc-maçonnerie. Ce n’est qu’après mon initiation que j’ai fait le rapprochement en me replongeant dans cette série.

Cet épisode posait le décor d’un groupe d’habitants de Springfield, entourés de symboles et d’objets énigmatiques, où l’initiation complètement loufoque d’Homer – il faut le dire – lui permettait d’entrer dans un monde inaccessible aux profanes, ceux qui n’en étaient pas, plein d’avantages et de passes droits. Cela a suscité en moi une certaine curiosité, même si à cette époque et jusqu’à il y a peu, je n’avais pas encore fait le lien avec la Franc maçonnerie en général et la taille de la pierre brute en particulier.

Et encore pour la petite histoire, à un moment, les tailleurs de pierre sont tous attablés en train de partager des agapes et ils entonnent une chanson toujours parodique, dont les paroles ont toujours raisonné dans ma tête jusqu’à aujourd’hui.

Bon revenons en au fait. Dans cette planche, je travaillerai d’abord sur la symbolique de la pierre brute. La symbolique qui nous concerne tous, de manière individuelle. Puis j’aborderai une approche de la symbolique plus collective. Je vous expliquerai enfin comment, selon moi, ce symbole renvoie avant tout à notre morale.

La symbolique individuelle de la pierre brute

Au fil de mes recherches, j’ai compris que cette pierre brute est un symbole de travail intérieur. Lors du dernier chantier d’apprenti avec notre second surveillant, nous nous sommes questionné sur le sens du mot V.I.T.R.I.O.L. de l’acronyme plutôt. Chacun sait ici qu’il s’agit d’une devise latine « Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem », signifiant : « Visite l’intérieur de la terre, et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée ». C’est a posteriori que j’ai compris que le travail de taille de la pierre brute démarre dans le cabinet de réflexion. Là où tout commence finalement. Comme si la solution était posée sous nos yeux, sans que nous sachions la déchiffrer.

D’un point de vue étymologique, le mot pierre est un dérivé du latin Petrus, lui même dérivé du grec Petros qui signifie le rocher. De prime a bord, la pierre évoque donc quelque chose de solide, de stable.

En franc-maçonnerie, la pierre brute constitue la première étape du cheminement spirituel et personnel de tout initié. Dès l’entrée dans le Temple, nous sommes invités à voir cet emblème, posé sur les marches de l’autel à l’Orient, où l’apprenti, en possession du maillet et du ciseau, effectuera son premier travail. Cette pierre brute représente l’état originel de l’homme, non façonné par l’effort sur soi, plein d’aspérités, d’imperfections et de failles, mais aussi porteur d’un potentiel immense encore inexploité.

Cela rejoint les travaux de Jean Marie Ragon, maçon français du Grand Orient, initié à Bruges en 1804, né à Bray sur Seine pas très loin d’ici et auteur de nombreux ouvrages qui traitent des rituels maçonniques qui rappelle que la pierre brute « symbolise les imperfections de l’esprit et du cœur que le maçon doit s’appliquer à corriger ».

En tant qu’emblème, elle signifie donc que l’homme n’est pas un être « fini » : il est inachevé et perfectible, tout entier voué à l’auto-construction voire à la reconstruction et à la transformation par le travail, et transformation par la connaissance.

La pierre brute est donc un symbole fondamental en franc maçonnerie. Le travail du franc-maçon ne s’arrête jamais. De son initiation jusqu’à son passage à l’orient éternel, il travaillera cette matière première dans l’objectif de construire un édifice solide, harmonieux et lumineux. Cette transformation n’est donc pas matérielle, elle est avant tout spirituelle, morale et je dirais même collective.

La pierre brute symboliserait alors le point de départ d’un chemin propre à chacun mais sans fin, et laisserait penser à un inachèvement volontaire de notre oeuvre. C’est un rappel symbolique que nul ne naît et ne meurt parfait, que chacun porte en soi des angles vifs, peut-être tranchants, encore à polir, des aspérités à lisser et que la progression en franc-maçonnerie est une quête incessante d’amélioration de soi-même.

A titre personnel, la pierre brute m’invite chaque jour à une introspection profonde. Que signifie pour moi, jeune apprenti, ce travail de taille ? Il ne s’agit pas seulement d’éliminer mes défauts apparents, mais de creuser plus loin, pour toucher l’essentiel qui fera de moi quelqu’un d’authentique. Chaque coup de maillet et chaque trait de ciseau symbolisent les épreuves, les difficultés, mais aussi les prises de conscience qui me façonnent et me structurent intérieurement.

Je m’arrête un instant sur un aspect important. Une récente question à l’étude des loges m’a conduit à élargir ma réflexion. Que deviennent les éclats de la pierre brute ? D’une part, on le sait maintenant, ce qui a été taillé représente les imperfections, les impuretés. Dès lors, admettons que je ne ramasse pas ces éclats, ces poussières, ne risquerais-je pas de marcher dessus et de les retrouver à nouveau sur mon chemin ? Les éclats taillés symbolisent les défauts et les vices anciens. Le franc-maçon que je suis n‘aurait pas intérêt à laisser reposer poussières et débris sur son chemin. La pureté du travail accompli serait alors compromise et tout serait à refaire.

J’ai aussi entendu qu’il ne fallait pas laver ses gants ou son tablier. Pourtant tous deux sont souillés par les éclats de la pierre brute. le maniaque que je suis ne peut s’empêcher de penser que si je ne nettoie pas mes vêtements de travail, la poussière ou les éclats reviendront inlassablement se refixer sur ma pierre. En d’autres termes, balayer mon passé me permettra d’avancer.

La dimension collective de la pierre brute

En ce qui concerne la dimension collective de la pierre brute, admettons que chacun d’entre nous taille sa pierre en forme de brique, que pourrions nous construire ensuite ? Une maison pour nous abriter ? Une école pour nous instruire ? Ou un temple pour nous recueillir ? Une chose est sure, il sera difficile de construire un édifice avec une seule pierre. La pierre brute, deviendra donc la pierre angulaire de quelque chose de plus grand.

Ce symbolisme rejoint le mythe fondateur du Temple de Salomon, où les pierres, extraites brutes de la carrière, sont ensuite travaillées pour édifier une œuvre sacrée. Selon les récits bibliques (1 Rois 6:7), aucune pierre de taille n’est employée à l’origine : la transformation du brut au taillé est une victoire sur la matière, une transmutation animée par l’esprit divin.

La pierre brute, une fois taillée mes chers FF et SS n’a alors de valeur que lorsqu’elle s’imbrique dans un ensemble. Mais alors qui est capable de juger si sa pierre est suffisamment polie ? Ne faudrait-il pas soumettre son travail à un contremaitre ? À un grand architecte ? Qui détermine la valeur sociale de l’être polissé ?Le but étant je le rappelle est de devenir une « belle personne ».

Mais une belle personne ne l’est que lorsqu’elle se comporte dignement avec les autres, en société. Nul ne peut se prévaloir d’être un homme bon, c’est un titre honorifique, une distinction que l’on se fait remettre.

Sans faire de géologie, partons du postulat que la pierre est une roche exogène formée à la surface de la croûte terrestre, si chacun d’entre nous dispose d’une pierre, ou si chacun de nous est une pierre, nous serions donc tous un morceaux de quelque chose.

Néanmoins de quelle matière parlons nous ? Certains seraient faits de gré, de granit, ou de Jaumont, cette pierre jaune qui me tient tant à coeur, elle qui a permis de façonner la si belle ville de Metz qui m’a vu grandir, quand d’autre seraient de marbre ou de vulgaires cailloux ? Notre pierre, chacun en ce qui nous concerne aurait-elle la même valeur que celle de notre voisin ? Sous entendu, untel ou untel vaudrait mieux que moi ? Je pose ici cette réflexion.

La dimension morale et spirituelle

D’un point de vue moral et spirituel, j’aime à penser que la pierre brute est aussi un miroir. Elle reflète à la fois notre état initial, ce que nous sommes sans filtre, avec nos fragilités et nos forces mal maîtrisées, et le projet de ce que nous pouvons devenir grâce au travail réalisé. Le travail sur la pierre brute engage une démarche d’humilité : reconnaître ses imperfections, les accepter comme un état transitoire, et s’engager dans un travail de rectification.

Mais elle incarne également la promesse d’un aboutissement, la pierre cubique, parfaite, dont la forme géométrique symbolise l’équilibre, la sagesse et la maîtrise. L’invitation maçonnique est donc une invitation à la métamorphose, à la rédemption individuelle qui éclaire par ricochet, par extension le collectif.

La pierre brute est aussi le symbole de la patience et de la persévérance. On ne taille pas une pierre parfaite en un jour, pas plus que l’on ne se transforme en un instant. C’est un long processus d’efforts constants, de remises en question et d’acceptation des imperfection.

En ce sens, elle enseigne l’humilité et la persévérance, deux vertus indispensables dans notre démarche maçonnique. Plus tard, la pierre brute deviendra la pierre cubique, où la matière s’ordonne, devient stable et apte à prendre place dans le Temple. Puis viendra la pierre cubique à pointe ou pyramidion, surmontant le cube, et signalera le passage à la verticalité spirituelle.

Dans le « Manuscrit Dumfries », la question du maçon est abordée ainsi : « Qu’est-ce qu’un maçon ? Réponse : Un ouvrier de la pierre. » Pour œuvrer sur cette pierre, je l’ai dit, il nous faudra utiliser deux outils indispensables : le maillet et le ciseau.

Le maillet, par la force contrôlée qu’il délivre, incarne la volonté et la puissance. Le ciseau, plus fin, représente la précision, la sagesse et la réflexion. Ensemble, ils produisent la transformation de la pierre brute. Ils rappellent également que cette transformation ne peut être anarchique ou brutale, mais qu’elle doit être mesurée, réfléchie et équilibrée.

Cet équilibre entre force et finesse est à mon sens un appel à travailler sur soi avec rigueur, mais aussi avec discernement. C’est apprendre à se connaître assez pour ne pas s’abîmer dans un excès de dureté ou de douceur, mais pour tailler la pierre à la juste mesure.

Le symbole de la pierre brute a donc un double sens. Il invite le franc maçon à une double démarche, à la fois introspective et extrospective : il est tantôt l’ouvrier qui façonne tantôt lui même la pierre qu’il façonne. Le sujet et l’objet sont alors confondus. Dans « Eupalinos ou l’Architecte », Socrate dit que: « À force de construire… je crois bien que je me suis construit moi-même. »

Travailler à dégrossir sa pierre brute n’est pas seulement une dimension morale individuelle : c’est aussi une preuve d’humilité. Chacun doit reconnaître la nécessité de progresser sans limite, d’accepter ses erreurs et ses bannir ses faiblesses.

Conclusion

Mes chers frères et soeurs, à travers la symbolique de la pierre brute, se manifeste la notion d’un travail sans fin. Nulle pierre n’est jamais parfaite de façon absolue. Le chemin maçonnique est celui de l’inaccompli, une quête éternelle, où chaque étape franchie ouvre un nouveau champ d’apprentissage et de profondeur.

La pierre brute est un rappel constant que l’homme est un être en devenir, et que la vérité, la sagesse et la lumière sont des horizons qui restent à poursuivre mais jamais totalement atteints. C’est cette dynamique qui donne sa richesse à notre engagement maçonnique, la lutte incessante contre l’ignorance, l’égoïsme, et l’erreur. J’ai dit

Le non finito ou l’esthétique de l’inachevé

V :. M :. et vous tous mes frères et soeurs en vos grades et qualité,

Il y a quelque temps, j’ai eu la chance de voir une sculpture qu’on appelle la Piéta Rondanini de Michel-Ange, et qui est conservée au château des Sforza à Milan. La sculpture, bien qu’inachevée, est particulièrement émouvante : nous découvrons Marie, debout, qui essaye de relever son fils Jésus mort. L’ensemble est empreint d’une grande tension émotionnelle, entièrement focalisée sur la relation entre la mère et son enfant. Le spectateur arrive à toucher du doigt – ou plutôt du regard – le travail au burin dans la pierre comme si le sculpteur avait arrêté son travail la veille. Mais le plus important n’est pas là : lorsqu’on étudie l’histoire de l’oeuvre, on découvre le cheminement de l’artiste, ses doutes, ses colères, ses repentirs : car après avoir ébauché une première version, Michel-Ange tombe sur des anomalies structurelles dans le marbre et, de rage, commence à le détruire. Quelques années plus tard, il revient à son projet et révolutionne tout : il inverse littéralement la position des deux sujets ; le Christ tel qu’il était esquissé se transforme en Marie et de l’ancien corps de Marie, il conçoit le nouveau Jésus. L’artiste travaille à cette oeuvre jusqu’à sa mort, en 1564.

Michel-Ange, qui mettait un soin infini à choisir ses morceaux de marbre dans la carrière où il avait l’habitude de s’approvisionner, disait, je cite : « Chaque bloc de pierre a une statue à l’intérieur et c’est la tâche du sculpteur de la découvrir. ».

Ainsi, sur un chantier opératif, une pierre brute n’est pas un caillou informe. Elle est une pierre déjà ébauchée, une pierre qui a le potentiel d’être travaillée encore et encore pour s’insérer parfaitement dans l’ouvrage.

De même, sur un chantier spéculatif, la pierre brute caractérise l’état ignorant de l’apprenti, mais pas de n’importe quel ignorant : un ignorant qui n’ignore plus son ignorance et, partant de là, commence donc à se mettre au travail.

Le sculpteur est comme l’apprenti maçon qui, sortant du tumulte des sociétés profanes, commence à se connaître, à douter, et comprend la nécessité de travailler sa pierre brute. Certains rituels prévoient d’ailleurs qu’au cours de l’initiation, le 2nd surveillant montre le geste de taille, par trois coups à l’aide du marteau et du burin sur la pierre, au tout nouvel apprenti. Cet enseignement par l’exemple permet, de génération en génération, de transmettre le savoir-faire d’un maître à un apprenti.

Prenons garde au raisonnement qui consisterait à dire : « nous sommes tous des pierres brutes, nous sommes perpétuellement des apprentis ». Non ! mes F :. et mes S :. Car s’il n’y a plus que des apprentis dans l’atelier, qui prendra la relève pour assurer l’enseignement ? Qui montrera l’exemple ? Ce raisonnement cache en réalité une forme de faiblesse, une forme de renoncement. A force de tailler et polir sa pierre, le risque pour le maçon est qu’il ne lui reste plus que de la poussière ! Certes, le doute, le travail sur soi-même est exigé de tous, que l’on soit apprenti, compagnon ou maître. Mais en tenue d’apprenti, chaque compagnon ou maître a une responsabilité supplémentaire : celle d’être le grand frère, la grande soeur, qui va montrer l’exemple, le grand frère, la grande soeur que l’on écoute, que l’on regarde, que l’on va, au moins au début, imiter, et que finalement, en connaissance, on va décider de suivre ou de ne pas suivre.

Si le maçon a la capacité de révéler le meilleur de lui-même, alors il peut sortir du temple pour révéler son savoir, pour se montrer exemplaire, pour donner envie aux autres de lui ressembler. C’est la fameuse phrase du Mahatma Gandhi « Sois le changement que tu veux voir dans le monde ». Dans notre rituel, c’est la fameuse phrase prononcée par le VM en fin de tenue « Par l’exemple de leurs vertus, les FM porteront en dehors du temple les vérités qu’ils ont acquises ». Michel-Ange lui-même a montré l’exemple à de nombreux élèves, de nombreux suiveurs, et en-dehors même de son atelier, des années, des siècles après sa mort, son influence a touché une foule d’artistes.

Quelquefois, lors des passages sous le bandeau, la question suivante est posée au profane par un frère ou une soeur de l’atelier : « si vous deviez compléter la devise Liberté, Egalité, Fraternité, quelle valeur choisiriez-vous » ? Pour ma part, j’aurais répondu l’exemplarité.

J’ai dit.

Le rôle des symboles

V :. M :. et vous tous mes frères et sœurs en vos grades et qualité,

Ma sœur L:., mon frère O:., vous avez été initiés ce soir du 3 octobre 2025 à Corbeil-Essonnes. Vous faites désormais partie d’un ordre initiatique, celui des francs-maçons.

Toute votre vie, vous vous souviendrez de cette cérémonie qui restera à jamais gravée dans vos mémoires. Pourtant, l’histoire ne date pas d’hier et vous n’êtes pas les premiers à avoir reçu la lumière : dans sa forme moderne, la franc-maçonnerie prend naissance au XVIIe siècle, quelque part en Grande-Bretagne. A cette époque, la mise en place de rituels initiatiques inspirés des Anciens Devoirs, règlements professionnels en vigueur dans les guildes de bâtisseurs, fut l’un des phénomènes annonciateurs de la franc-maçonnerie émergente. Ces rituels incluaient des serments et des secrets, conférant aux connaissances, que les membres partageaient un caractère mystérieux. Ils avaient aussi pour objectif de transmettre des valeurs comme l’intégrité, la fraternité et la nécessaire recherche de la vérité. Cette dimension éthique devint ainsi le socle de la franc-maçonnerie qui se présentait comme une école de perfectionnement personnel. Et la maîtrise des symboles et des gestes devint une caractéristique clé du parcours initiatique de ses membres.

Les symboles : parlons-en des symboles ! Toute la soirée, vous entendu, comme une antienne, « ici, tout est symbole. ».

Dans la symbolique initiatique des constructeurs, les symboles architecturaux revêtent une importance particulière : les outils du maçon, tels que l’équerre, le compas, le fil à plomb et le niveau, ne servaient pas uniquement aux travaux matériels, il prenait une valeur métaphorique représentant des principes moraux ou universels. Ainsi, l’équerre pouvait symboliser la rectitude, le compas la mesure et le cercle la perfection. De cette façon, la maçonnerie répétait l’idée que la construction du bâtiment matériel devait être associé à une construction intérieure de l’individu. Cette correspondance entre le concret et l’abstrait, entre le visible et l’invisible, entre l’ostensible et l’intime, est un aspect fondamental du système de pensée maçonnique. Le symbolisme de la construction aide à exprimer notre philosophie, notre vision du monde et nos principes moraux. Les symboles sont des allégories ou plutôt des métaphores reflétant l’aspiration de l’homme à l’amélioration intérieure, à la connaissance de soi et à la perfection morale.

Ma sœur L:., mon frère O:., dans les semaines qui viennent, vous allez découvrir, entre les objets, les décors, les gestes et les paroles prononcées, 30, 40, 50 symboles ou peut-être plus ! Tous ces symboles et ces gestes, tous ces signes et ces expressions typiquement maçonniques sont issus d’un syncrétisme aux origines multiples et parfois obscures, et sont transmis de génération en génération. Ils représentent un champ sémantique et analogique constitué, solide, qui a connu l’épreuve du temps. Dans leur diversité, les symboles ont tous un point commun : ils permettent de réfléchir différemment. Ils constituent une langue à part entière, une langue qui permet de provoquer en nous une forme d’éveil, une forme de confrontation intime, et entre nous un moyen de dialogue, une forme de confrontation à la pensée de l’autre. Chacun à sa manière, chacun dans son registre, ils sont autant de catalyseurs à la réflexion et sont là pour nous rappeler du travail à faire nous permettre de progresser collectivement.

Alors même si vous aurez peu l’occasion de prendre la parole en loge dans les prochains mois, faites l’effort de regarder le symbole sous un autre angle, forcez-vous à rechercher une analogie différente du voisin, poussez votre réflexion jusqu’à obtenir un point de vue original et nous en débattrons en réunion d’apprentis très bientôt.

J’ai dit.

5 minutes de symbolisme « Le sacré et le secret »

V :. M :. et vous tous mes frères et sœurs en vos grades et qualité,

le sacré et le secret sont deux concepts intimement liés car ils partagent tous deux une idée de profond respect et une idée de protection.

Placés côte à côte, les deux mots, sacré et secret, montrent une assonance évidente. Ils n’ont pourtant pas du tout la même étymologie : sacré est issu tout droit de l’indo-européen « sak » qui signifiait déjà… sacré et secret trouve son origine dans la racine indo-européenne ker, qui a le sens de trier, séparer Ce n’est donc pas à travers l’étymologie que nous allons trouver un lien entre ces deux termes.

Nous sommes ici dans un temple alors essayons d’abord de définir ce qu’est le sacré.

De façon générale, le sacré se réfère à ce qui est mis à part, vénéré, ou considéré comme ayant une importance transcendante. Il peut être associé à des objets comme des œuvres d’art ou bien certains textes, des lieux comme une église ou un temple, des rites, des traditions, ou encore des idées qui dépassent le monde matériel et touchent au spirituel ou au religieux. Ce qui est sacré inspire respect, crainte, admiration. Ce qui est sacré est souvent entouré de rituels et de symboles qui renforcent son caractère inviolable. Il est fréquemment associé au mystère, car il touche à des réalités qui dépassent la compréhension humaine immédiate et ordinaire.

Dans ces lieux, le sacré est à rechercher dans notre rituel, dans notre méthode de travail, dans nos symboles. Il est surtout à rechercher dans ce que nous en faisons. Ce qui est sacré est le cheminement maçonnique qui opère au fond de nous. Le cheminement individuel mais aussi le cheminement collectif, au gré des évènements qui marquent notre loge. Le sacré est à rechercher dans le lien d’esprit, le lien fraternel, l’égrégore qui nous unit tous.

Et bien figurez-vous que tout cela constitue précisément notre secret. Je ne parle pas du secret d’appartenance ou du secret du rituel. Non, trop banal. Je veux parler bien sûr de ce que l’on ressent dans notre cœur et qui est le fameux secret que l’on dit incommunicable.

Secret… sacré… Ca y est ! ces deux mots deviennent subitement des synonymes. Nos secrets sont notre sacré. Ils sont réservés à ceux qui ont franchi certaines étapes d’initiation et qui sont dignes de les connaître. Ils représentent une forme de connaissance qui doit être méritée et acquise degré après degré, plutôt que d’être délivrée en bloc. La préservation de nos secrets demande à chaque frère ou sœur de la loge, chacun dans son grade, une certaine maîtrise de soi qui oblige au silence toutes les fois qu’il est inopportun de s’exprimer ou toutes les fois que notre interlocuteur n’est pas en mesure de recevoir une vérité nouvelle. Et inversement, les passages de grade permettent d’enseigner de nouveaux mystères aux frères et aux sœurs qui sont prêts à les recevoir.

De cette façon, les secrets se dévoilent petit à petit, en respectant le temps et le cheminement personnel de chacun.

Les secrets se dévoilent petit à petit… Dévoiler, secret… n’est-ce pas contradictoire ? Non ! Car si les secrets n’étaient jamais transmis, ils finiraient par être perdus, oubliés ou pire, remplacés par quelque-chose de bien plus pernicieux, sans même qu’on s’en rende compte. Il faut comprendre dans mon propos que, paradoxalement, le secret n’a une utilité qu’à partir du moment où il ne l’est plus tout à fait. Ainsi, la maîtrise du secret maçonnique suppose un équilibre entre, d’une part, la transmission du savoir, qui utilise le langage des symboles, et d’autre part, le silence, gardien du mystère.

Les francs-maçons ont coutumes de dire dans les médias qu’ils appartiennent davantage à une société discrète que secrète. C’est peut-être vrai lorsqu’on s’adresse aux profanes. Encore que… nous sommes indiscrets voire triviaux toutes les fois que notre communauté, par la voix de ses représentants, donne des leçons au reste du monde, en tout cas des leçons qui ne sont pas en lien direct avec nos fondements, avec nos mystères. Je ferme la parenthèse. Non, nous ne sommes pas une société discrète mais bien secrète, dans le sens que j’ai essayé de vous expliquer, dans le sens où notre travail repose sur l’étude des symboles et de leur langage, sur notre rituel et sur nos liens sacrés, et qu’il doit être le fruit d’une longue méditation sur nous-mêmes, dans l’introspection et le silence.

J’ai dit.

5 minutes de symbolisme « Laisser ses métaux à la porte du temple »

V :. M :. et vous tous mes frères et sœurs en vos grades et qualité,

je n’ai jamais aimé l’expression « il faut laisser ses métaux à la porte du temple » tout comme je n’ai jamais aimé les bigots. Car enfin, si pour être un bon maçon, il faut se débarrasser de ses préjugés, OK…mais c’est une platitude ! Certes, les métaux et les bijoux symboliquement nous alourdissent, ils sont le signe du mal, ils sont considérés comme moralement mauvais. Mais… si cette explication est vraie, elle me paraît un peu trop simpliste et un peu trop binaire.

D’autant que l’expression « il faut laisser ses métaux à la porte du temple » m’a toujours paru énigmatique : car chacun peut constater dans ce temple la présence de quantités de métaux : des glaives, des bijoux, des objets symboliques comme ce fil à plomb, des pièces de monnaie qui seront récoltées dans le tronc de la veuve et aussi des symboles comme le soleil et la lune, étroitement liés à l’or et à l’argent. Et qu’en est-il des plombages dentaires ?

Alors essayons d’y voir plus clair. Et pour comprendre quelque-chose, distinguons la cérémonie de l’initiation des autres tenues.

Commençons donc par l’initiation. Au tout début de la cérémonie – nous nous en souvenons tous – l’impétrant doit confier son portefeuille, son téléphone portable, ses clés, sa montre, ses bijoux, son argent, bref une partie de ses biens à un parfait inconnu. Ce tout premier geste est déjà une épreuve pour lui : c’est un premier acte de confiance – il y en aura d’autres après – un acte de confiance de la part du récipiendaire envers la communauté qu’il s’apprête à rejoindre.

Au moment de l’initiation, les métaux revêtent d’abord le symbole de tout le superflu de l’homme social et matérialiste. Ils représentent ensuite le désordre moral dans notre vie. Enfin, s’il veut entrer dans un monde authentiquement spirituel, l’homme doit, par définition, quitter la matière. Laisser ses métaux à la porte du temple permet de privilégier les richesses de l’esprit, juste avant de recevoir la lumière initiatique. Alors cultivons la chance que nous avons d’être initiés, cultivons la chance de devoir rechercher la sagesse qui au-delà des apparences, est la seule décoration invisible mais sacrée que l’on peut espérer revêtir un jour.

Mais quittons la cérémonie d’initiation proprement dite pour essayer de comprendre le sens plus général de « laisser ses métaux à la porte du temple ».

Symboliquement, l’expression signifie que les frères et les sœurs qui pénètrent dans le temple doivent se dévêtir de leur humanité profane, pour pratiquer une forme de purification rituélique, tout comme, chez les anciens ou dans certaines religions, les fidèles se lavent ou pratiquent le jeûne avant d’entrer dans l’enceinte sacrée. Dès lors, c’est bien avant chaque tenue qu’il y doit y avoir dépouillement des métaux, autrement dit, c’est avant chaque tenue que l’individu encore profane que nous sommes sur les parvis, doit se régénérer en un frère ou une sœur, prêt à acquérir de nouvelles vérités et poursuivre sa mutation individuelle.

Le parallèle avec l’alchimie devient évident : avec l’aide du forgeron Tubalcain, chacun de nous se transforme en initié tout comme le plomb se transforme en or, métal de lumière, le long des différentes phases du Grand Œuvre.

Bon. Tout cela est bien beau mais ces considérations ésotériques complexes et, je dois bien le dire, obscures ne nous renseignent pas sur la véritable origine de l’expression « il faut laisser ses métaux à la porte du temple ». D’où vient cet impératif : « il faut » ? C’est en effectuant quelques recherches supplémentaires que je suis arrivé à bout de cette expression : il suffit de revenir aux sources, celles qui racontent la construction du temple de Salomon, dans l’Ancien Testament, au premier livre des Rois, chapitre 6. C’est ici que l’on trouve la clé de l’énigme : il est écrit, je cite : « Lorsqu’on construisit le temple, on se servit de pierres toutes taillées. On n’entendit ni marteau, ni hache, ni aucun instrument en fer dans le temple pendant qu’on le construisait. » Et oui ! Le caractère sacré de l’édifice explique que sa construction eut quelque chose de très solennel par le silence religieux qui fut observé à ce moment. Les pierres avaient été façonnées dans la carrière, ou peut-être dans un endroit voisin de Jérusalem, de telle sorte qu’elles n’avaient plus qu’à être posées et assemblées sans le bruit ordinaire des instruments de travail.

Nous y sommes ! A l’origine, l’expression « Il faut laisser ses métaux à la porte du temple » signifie tout simplement « il faut faire silence pour construire le temple », que ce soit le temple de Salomon ou son temple intérieur.

V :. M :. et vous tous mes frères et sœurs en vos grades et qualité, je n’ai jamais aimé l’expression « il faut laisser ses métaux à la porte du temple » dans son sens courant. Trop prêchi-prêcha ! Mais après un peu de recherche, on peut découvrir toute la richesse qu’elle contient ! Et chacun y verra ce qu’il veut y voir : le symbole de la confiance, la promesse d’une vie spirituelle, le devoir de purification, la régénération quasi-alchimique du maçon, tenue après tenue. Pour ma part, je retiendrai la dernière proposition : la nécessité d’observer le silence si l’on veut être dignes de notre mission de Constructeurs !

J’ai dit.