En hommage à Samuel PATY et Dominique BERNARD,le Grand Orient de France et le Collectif Laïque National vous convient à une cérémonie vendredi 16 octobre 2026 à 12h00 au Square Samuel PATY (75005 PARIS), en présence de dignitaires des Obédiences maçonniques et de présidents d’associations laïques.
A l’occasion de son 20ème anniversaire, la Loge du Grand Orient de France « L’Atelier Écossais » à Étampes organise une conférence publique « LAÏCITÉ, SPIRITUALITÉ et FRANC-MAÇONNERIE » le vendredi 9 octobre 2026 à 19h, salle de conférences de l’EPS Barthelemy Durand, Avenue du 8 mai 1945 – 91150 Étampes.
L’inscription est gratuite mais obligatoire, en indiquant ci dessous vos nom, prénom et adresse mail.
Les conférenciers :
Jean-François COLOSIMO, éditeur et essayiste
François CAVAIGNAC, auteur et historien de la Franc-maçonnerie.
Suivie d’une table ronde et d’échanges avec le public animés par Lou FRITEL, journaliste, en présence de Gérard LARCHER, Président du Sénat, et de Guillaume TRICHARD, Grand Maître du Grand Orient de France.
Le nombre de places est limité à 200. Les inscriptions seront prises en compte en fonction de leur ordre d’arrivée.
V :. M :. et vous tous mes frères et sœurs en vos grades et qualité,
Lors de mon initiation, j’ai eu le bonheur de naître à la maçonnerie et de connaître le même jour ma sœur jumelle. Dans la vie profane, ni elle ni moi n’avons de frère ou de sœur de sang. Mais ce soir-là, nous nous sommes reconnus instantanément. Et depuis, avec pourtant des parcours bien différents, chacun recherche la compagnie de l’autre, chacun reste profondément attaché et attentif à l’autre.
Pourquoi est-ce que je vous parle de ma sœur jumelle ? Parce que c’est grâce à elle si l’effigie de Marianne, cette figure de la République qui nous est chère, décore notre Orient. Marianne, c’est cette femme au bonnet rouge, au regard farouche et lumineux, dont le visage orne les mairies françaises, les timbres-poste, les formulaires administratifs et les bâtiments officiels. Vous la connaissez tous, il me faudrait plusieurs heures pour vous raconter son histoire. Ce soir, je me contenterai d’évoquer son origine comme puissance symbolique.
Remontons quelques siècles en arrière. Avant qu’elle n’existe, il y avait un roi, un roi sacré, un roi représentant de Dieu sur terre, dont la silhouette ornait les lieux publics, les pièces de monnaie, les sceaux royaux. Chaque document officiel était émis en son nom ; chaque soldat jurait fidélité à sa personne. Sous l’Ancien Régime, c’est la personne physique du roi qui incarnait la France.
A la fin du XVIIIe siècle, la France allait traverser la Révolution. Brutale, terrible. Dès l’été 1789, l’Assemblée nationale constituante travaille à toute allure. Elle abolit les privilèges féodaux dans la nuit du 4 août. Elle vote la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, elle rédige une Constitution, elle réorganise le territoire français en départements, elle nationalise les biens de l’Eglise, elle crée une France nouvelle pièce par pièce dans une sorte d’ivresse législative.
Et dans ce processus, une question se pose. Comment représenter cette France nouvelle ? Avec quel symbole ? Quelles images ? Quels emblèmes ? L’urgence de la question est réelle. Dans une société largement analphabète, les images ont un pouvoir immense. Si la Révolution veut s’imposer dans les consciences, si elle veut créer une nouvelle légitimité, elle doit produire de nouvelles images qui remplacent les anciennes. Mais à quoi ressemble une nation ? À quoi ressemble un peuple ? Les premiers révolutionnaires cherchent des modèles dans l’antiquité comme ils le font pour tout le reste. La Grèce et Rome sont leur référence permanente. La liberté pour eux a le visage de la Rome républicaine. Sévère, virile, austère. Mais pour représenter la liberté dans les images populaires, une figure féminine s’impose plus naturellement.
En effet, dans la tradition allégorique européenne, les vertus abstraites sont féminines : la justice était une femme tenant une balance et un glaive ; la paix était une femme tenant un rameau d’olivier ; la prudence regardait dans un miroir ; la force tenait une colonne. Libertas, la déesse romaine de la liberté était aussi une femme. Elle était représentée avec un bonnet particulier, le piléus que les esclaves affranchis recevaient lors de leur libération. Ce bonnet passé dans la culture populaire française sous le nom de bonnet phrygien en référence aux représentations antiques, allait devenir l’attribut le plus reconnaissable de Marianne, celui qu’on identifie immédiatement, même de loin, même sur une petite pièce de monnaie. L’origine du nom, Marianne, est incertaine. L’explication la plus souvent avancée, est peut-être la plus belle. Marianne serait simplement la combinaison de deux prénoms très communs dans la France populaire du 18e siècle, Marie et Anne.
Les grandes religions durent parce qu’elles donnent aux gens des symboles qui incarnent leurs valeurs les plus profondes. La Révolution française a fait la même chose : elle ne s’est pas contentée de créer un nouveau régime politique. Elle a créé une nouvelle culture visuelle, un système civique avec ses fêtes, ses rituels, ses symboles, ses images sacrées. Et au centre de cette nouvelle culture visuelle, il y a toujours cette figure féminine qui incarne la Liberté, la République ou la Nation.
Marianne n’est pas seulement une image, elle est une icône dans le sens fort du terme. Elle représente la France comme projet, comme aspiration. Elle représente l’idée que la souveraineté appartient au peuple, que la liberté et l’égalité ne sont pas des privilèges, mais des droits, que la fraternité humaine est un idéal pour lequel il vaut la peine de se battre. Entre ceux qui ont des idées politiques opposés, ces symboles n’effacent pas les désaccords, ils ne les résolvent pas, mais ils permettent de coexister en proposant une communauté de sens qui relie chaque individu à quelque chose de plus grand que lui.
Marianne a été créée en France à la fin du siècle des Lumières, ce siècle qui a acquis la conviction que la raison et la science peuvent guider les affaires humaines mieux que la révélation ; Marianne a été créée dans les années 1780 à 1795, et aujourd’hui elle nous rappelle cet acte fondateur. Mais son rôle le plus essentiel va bien au-delà : il est d’obliger chaque génération à questionner la République, sa conception, sa transmission. Que signifient vraiment la liberté, l’égalité, la fraternité au 21e siècle, dans un monde qui cherche ses repères, dans une France qui se débat avec ses contradictions et ses doutes ? C’est le propre des grands symboles. Ils n’offrent pas de réponses, ils sont des invitations à réfléchir.
Alors ce soir, je voudrais simplement remercier ma sœur jumelle qui m’a donné l’occasion d’explorer cette allégorie de la République, et qui a donné l’occasion à notre atelier d’afficher cette belle figure de Marianne à l’Orient.
Conférence publique organisée par le Grand Orient de France le mercredi 13 mai 2026 à Paris, en présence de Pierre BERTINOTTI, Grand Maître du Grand Orient de France, avec comme intervenant : BERNARD CAZENEUVE, ancien Premier ministre
Conférence publique organisée à l’occasion des jubilés des Loges Victor SCHŒLCHER 86, Victor SCHŒLCHER et Victor SCHŒLCHER, en présence de Pierre BERTINOTTI, Grand Maître du Grand Orient de France et d’une délégation du Conseil de l’Ordre.
Avec les intervenants : Marcel GAUCHET, Historien, Philosophe et Sociologue. Guy ARCIZET, Ancien Grand Maître du Grand Orient de France et Pierre BERTINOTTI, Grand Maître du Grand Orient de France et d’une délégation du Conseil de l’Ordre
Table ronde organisée dans le cadre du cycle Refonder le Pacte Social mercredi 29 avril 2026 à Paris, en présence de Pierre BERTINOTTI, Grand Maître du Grand Orient de France et d’une délégation du Conseil de l’Ordre. Intervenants :
Perrine GOULET, députée, présidente de la délégation aux droits des enfants
Olivier ROUSSELLE, président du Samusocial de Paris
Sarah EL HAÏRY, haute-commissaire à l’Enfance (message par visio)
La Rose V :. M :. et vous tous mes frères et sœurs en vos grades et qualité,
Au début de ma vie professionnelle, je me souviens avoir passé un entretien d’embauche où le recruteur m’avait posé la question : « si vous étiez un personnage célèbre, qui seriez-vous ? » Un peu surpris par la question, j’avais répondu sans trop réfléchir « Antoine de Saint-Exupéry ». Dans mon imaginaire, cette figure représentait pour moi le symbole du héros : aviateur, pionnier de l’Aéropostale, combattant courageux, écrivain, poète, né à Lyon en 1900 et « mort pour la France » en 1944, il incarnait à mes yeux un modèle, un idéal du genre humain.
Qui n’a pas lu « Le Petit Prince » ? Savez-vous que ce chef d’œuvre intemporel est le livre le plus traduit au monde après la Bible ? Il raconte l’histoire d’un aviateur qui a dû atterrir d’urgence dans le désert du Sahara. Alors qu’il essaye de réparer le moteur de son avion, un petit bonhomme aux cheveux d’or vient à lui. Il lui demande d’abord de dessiner un mouton avant de lui raconter son histoire : le petit prince a quitté son astéroïde et la rose excentrique et un poil vaniteuse, dont il est amoureux, pour partir à l’aventure. Il fait le tour des planètes, rencontre des tas de gens sérieux aux comportements absurdes, avant de croiser un renard qui lui apprend le sens du mot « apprivoiser ». Sous couvert d’une simple histoire pour les enfants, Saint-Exupéry signe là une parabole pour les adultes, un conte initiatique dans lequel un petit garçon innocent mais lucide, nous dit que la loyauté, l’amitié, la profondeur des sentiments ne s’exhibent pas : elles se vivent, elles se cultivent, elles se partagent. « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux. » nous enseigne le renard.
La rose, le renard… ce sont les deux rencontres les plus importantes du petit prince.
La rose a ses défauts et ses caprices ! Le petit prince le sait bien. Mais même loin d’elle, il lui reste fidèle. Sa loyauté ne naît pas de la perfection, mais de l’attachement sincère qu’il a construit avec elle. Quant au renard, il nous enseigne que « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé ». Alors si je cherche dans mes souvenirs ceux qui m’ont laissé un goût durable, si je fais le bilan des heures qui ont compté dans ma vie, à coup sûr je retrouve celles où j’ai été moi-même, celles où je n’ai pas renié ce que j’avais construit, celles où j’ai renforcé les liens invisibles qui m’unissent à ceux que j’aime, qui m’unissent à vous. La véritable fidélité consiste à honorer les liens que l’on a choisi de créer.
Le rituel nous dit dès l’ouverture des travaux : « Mes frères et mes sœurs me reconnaissent comme tel ». C’est la même idée : apprivoiser le renard, être fidèle à sa rose ou reconnaître son F :. et sa S :. comme franc-maçon, signifient devenir responsable de l’autre et faire preuve d’une loyauté qui engage et qui renforce le lien. Tout le rituel d’initiation ne dit que cela, avec la scène du parjure comme point d’orgue. Et à la fin de la cérémonie, nous remettons au nouvel initié une rose afin qu’il porte symboliquement auprès de celui ou celle pour qui il a le plus d’estime une marque de fidélité.
Le monde des enfants est celui de l’insouciance et de la légèreté. Le monde des adultes est celui des affaires sérieuses et des soucis. A travers le Petit Prince, Saint-Exupéry ne nous invite pas à retomber en enfance mais plutôt à retrouver un rapport direct au monde et sans arrière-pensée, à redécouvrir le plaisir de la spontanéité et de la légèreté, à ressentir la joie immense face à la vie.
A l’issue de l’entretien avec le recruteur, j’ai eu la chance d’être embauché et, hasard ou destin, je m’occupe aujourd’hui de réparer des moteurs d’avions. J’ai dit.
Sous la bannière du Grand Orient de France, Le rassemblement annuel commémoratif du 1er mai, se déroulera à partir 10h (rendez-vous à 9h30 au centre du Columbarium) au cimetière du Père-Lachaise, de Paris.
Y seront honorés : Raoul URBAIN, Pierre TIRARD, François Vincent RASPAIL, Alexandre MASSOL et Arthur RANC.
Le parcours s’achèvera devant le Mur des Fédérés. Les bannières, sautoirs et cordons sont les bienvenus.
L’entrée la plus proche est par la rue des Rondeaux (entrée Porte Gambetta) (Métro Gambetta, puis prendre l’avenue du Père Lachaise en direction du cimetière) Métro Ligne 3 et 3bis, sortie Père Lachaise Bus 26, 60, 61, 66, 69 et 102 – arrêt Place Gambetta.
La Lumière éclairant le monde V :. M :. et vous tous mes frères et sœurs en vos grades et qualité,
Lors d’une récente visite à Colmar, en Alsace, j’ai découvert Auguste Bartholdi. Sculpteur alsacien, franc-maçon et profondément humaniste, Bartholdi a été initié à Paris en 1875, dans la fameuse loge Alsace-Lorraine du GODF, loge qui abritait de nombreuses célébrités de l’époque : des intellectuels, des artistes, des militaires et des hommes politiques. Bartholdi a eu une production sculpturale très féconde. Il est en particulier l’auteur de la statue la plus célèbre au monde. Je veux bien sûr parler de la statue de la Liberté. Alors arrêtons-nous ce midi sur cette représentation inaugurée en 1886 et essayons d’abord de trouver quelques-unes des briques qui composent sa généalogie.
Depuis les origines, l’homme a cherché à donner forme à la lumière, et en premier lieu au soleil, même si, vouloir fixer dans la matière un principe impalpable peut sembler paradoxal. Dans la plus haute Antiquité, chez les Perses, Ahura Mazda fut la divinité unique de la religion zoroastriste. Il était esprit de lumière et par extension, de sagesse et de vérité. On le voit, avec sa barbe et ses longues ailes, représenté sur les nombreux bas-reliefs de la cité royale de Persépolis.
Dans l’Égypte ancienne, on ne compte plus les représentations sculptées de Râ, le dieu du soleil, et de ses avatars. Sous le règne du pharaon Akhenaton, le disque solaire Aton est montré muni de rayons qui se terminent par des mains, comme si les artistes d’alors avaient cherché à figurer ce qu’on appelle aujourd’hui le rayonnement solaire, une énergie diffuse qui réchauffe et transmet la vie, une énergie universelle égale pour tous.
Dans l’empire romain, le culte de Mithra a connu un grand succès jusqu’au IVe siècle ap. J.-C. Ce dieu très ancien, venu d’Iran et apparenté à Mazda, est le dieu de la lumière et du ciel diurne. C’est un dieu tout puissant et solaire, bienveillant et protecteur, garant de l’ordre cosmique et de la stabilité du monde. Son culte à mystère était réservé à une communauté d’adeptes. Il comprenait des rites initiatiques selon plusieurs grades, des banquets communautaires, et de la fraternité entre les membres.
En Grèce hellénistique, le dieu Hélios était vénéré notamment à Rhodes. Il était la personnificationmême du soleil. Il était représenté avec une couronne rayonnante et conduisant un char à travers le ciel. Il portait également des valeurs de fortune et de santé. Le colosse de Rhodes fut sa représentation monumentale la plus connue, visible de loin, signe de puissance et de protection des navigateurs.
Il est certain qu’au moment de concevoir la statue de la Liberté, dont le nom exact est La Liberté éclairant le monde, Bartholdi avait en tête ce précédent qui était autrefois formé d’une âme de bois recouvert de plaques de bronze. J’ajoute qu’à la fin des années 1860, bien avant qu’il fût francmaçon, il avait déjà eu l’idée d’une statue colossale à l’entrée du canal de Suez : il s’agissait d’un immense phare qui devait ressembler à une fallaha, une paysanne égyptienne en robe. La lumière devait émaner de son bandeau autour de la tête et de la torche qu’elle devait tenir à bout de bras.
Ces quelques exemples dans l’histoire de la sculpture montrent que l’homme a toujours cherché à sculpter la lumière. Ahura Mazda, Râ, Aton, Mithra ou Hélios étaient tous des dieux et au-delà de leur fonction solaire, ils transmettaient des valeurs de sagesse, de vérité, d’énergie bienfaitrice, de puissance et de fortune. Avec Bartholdi, la statue aux chaînes brisées n’est plus la représentation d’un soleil inaccessible : c’est une allégorie humaine qui porte la lumière et devient espérance, promesse de liberté dans le nouveau monde. Sa coiffe à sept branches est directement inspirée du Grand sceau de France, symbole officiel de la République française. Elle est vêtue d’une robe drapée à l’antique et si vous regardez bien, la statue fait un pas en avant, elle n’est pas statique : c’est en allant apporter la lumière vers tous les hommes que la liberté se révèlera dans la conscience de chacun.