Vidéo / Discours de Nicolas PENIN, Grand Maître du Grand Orient de France au Colloque « 120 ans de Laïcité, 120 de Liberté » au Palais du Luxembourg le 24 février 2025

Paris, le 24 février 2025

120 ans après, le moment de la constitutionnalisation

Monsieur le Président du Sénat,
Monsieur le Vice- Président,
Mesdames et Messieurs les parlementaires et élus,
Mes Très Chers Frères et Très Chères Sœurs Dignitaires du Grand Orient de France,
Mes Très Chers Frères et Très Chères Sœurs Dignitaires représentants des Obédiences maçonniques amies,
Mes Très Chers Frères et Très Chères Sœurs,
Mesdames et Messieurs, chers amis,

J’adresse tout d’abord mes remerciements à Monsieur le Président LARCHER pour son accueil en ce lieu et pour ses mots à l’ouverture de ce colloque.

Je remercie également Monsieur le Vice-Président OUZOULIAS qui a facilité grandement l’organisation de ce colloque, ainsi que l’ensemble des services et personnels de ce palais de la République qui accueille régulièrement, et comme il se doit, les manifestations, débats et délibérations au cœur de la démocratie et de la République.

Car si nous sommes réunis pour célébrer une des lois cardinales de la République, c’est aussi pour fêter en cette forme la loi, sa construction au sein de ses commissions, la délibération dans les hémicycles, la circulation de la parole, le respect de l’opinion différente, et ce n’est pas accessoire, l’exemplarité qu’impose la représentation de la Nation.

Aujourd’hui, le Comité Laïcité République, l’Union des Familles Laïques, l’Association des Délégués Départementaux de l’Education Nationale, l’Association des Libres Penseurs de France, associations et membres historiques du Collectif Laïque National, ont su montrer, avec le Grand Orient de France et l’appui de ses services, que la qualité et l’exemplarité de notre engagement laïque est toujours à la hauteur de l’enjeu.

C’est aussi parce que nous protégeons nos verbes et nos corps, des écarts et des excès, que nous portons fièrement cet esprit laïque, celui de la liberté, de la liberté de conscience.
Soyez-en toutes et tous remerciés.

Enfin merci à vous d’être venus assister à ce colloque, cette salle pleine et les dizaines de personnes que nous n’avons pas pu accueillir démontrent à quel point ce thème, 120 ans de Laïcité, 120 ans de Liberté, fait écho aux préoccupations de nos concitoyens. D’ailleurs, le succès des manifestations lancées par de nombreuses associations laïques depuis plusieurs semaines, démontre cet attachement puissant des citoyens à ce principe et ces valeurs.

Ici aussi, je vous le dis, le Grand Orient de France tiendra sa place, il tiendra son rang.

En l’espèce, la laïcité est consubstantielle au Grand Orient de France. Nous le réaffirmons ici, solennellement.

Fille des lumières, sœur de la République, vigie de la laïcité, notre maçonnerie continuera à concourir au long mouvement d’émancipation que cette terre de France et l’humanité dans son entièreté doivent connaître. C’est bien à ce mouvement tellurique que nous appartenons, celui qui combat l’hydre des dogmes.

C’est pourquoi nous affirmons et nous défendons la liberté absolue de conscience, c’est-à-dire ce levier émancipateur, ce droit de croire ou de ne pas croire.

Oui à la liberté de croire, oui au « libre exercice des cultes garanti par la République » comme l’assigne la loi de 1905 ; mais oui aussi, il faut le rappeler, aux « multiples formes de non-croyance, d’incroyance, ou d’indifférence », comme le formule Catherine KINTZLER.

Or, la laïcité est intrinsèquement rattachée à la liberté de conscience.

La laïcité, c’est aussi l’émancipation des consciences, l’émancipation des individus, qui, adultes, pourront choisir leurs options philosophiques et spirituelles en citoyens éclairés, grâce notamment à l’Ecole, l’Ecole laïque publique, obligatoire, gratuite, sanctuarisée, loin des « querelles des hommes » et des injonctions dogmatiques, la seule Ecole libre.

Permettez-moi, en l’occurrence de citer Edgar QUINET :
« L’instituteur laïque intervenant dans l’église y fait entrer l’hérésie.
Le prêtre intervenant dans l’Ecole y fait entrer la servitude.
Que faut-il faire ?
Les séparer. »

C’est parce que nous avons pour vocation de rassembler ce qui est épars que nous avons pour mission de libérer les esprits des dogmes, des injonctions spirituelles et morales. C’est le destin le plus difficile que de vivre de raison et dans la raison. Nous l’assumons, ce combat est le nôtre.
Depuis le 9 décembre 2024, en cette 120e année, la mobilisation est forte, les 1 400 Loges du Grand Orient de France sont appelées à fêter, honorer et porter la loi de 1905, à dire au dehors pourquoi l’heure est à la mobilisation. Cette mobilisation est donc offensive, publique et généralisée, et elle a aussi pour objectif de ne pas laisser cette célébration, tout comme la laïcité, à d’autres, qui en feraient une arme contre une partie de la population, ou qui « adjectiveraient » un mot et un principe qui se suffisent à eux-mêmes.

Car s’il nous faut aussi défendre la laïcité c’est qu’elle est attaquée, insuffisamment établie, du fait de 120 ans de fluctuations voire de lâchetés politiques, comme de reculs jurisprudentiels sur cette loi.

Ont été brillamment évoqués précédemment la question du dualisme scolaire, ou celle des territoires de la République où la séparation ne s’applique pas, et je n’y reviendrai pas.

Mais aujourd’hui, Mesdames et Messieurs, mes Frères, mes Sœurs, si l’heure est au renouveau du combat laïque, c’est que cette heure est grave. Dans les mois, les années à venir, c’est le principe même de laïcité, de neutralité de l’État, de liberté de conscience qui seront remis en cause, sournoisement ou ouvertement.
Cette crainte n’est pas sans fondement.

Partout, nous le voyons à l’œuvre concrètement, des courants et des forces politiques, soutenus par des forces financières puissantes, partisanes, parfaitement endoctrinées, agissent avec les outils modernes, médiatiques, numériques, dystopiques, dont ils ont le contrôle, et qui leur permettent de promouvoir une idéologie réactionnaire. Ils vilipendent sans vergogne jusqu’ici, sur la terre de cette vieille Europe, notre monde qui serait « décadent » et prônent un retour vers un passé fantasmé. Le recul de droits acquis par les peuples au cours de leur histoire, et au prix de longs combats, au prix de leur vies mêmes, ce recul n’est pas le progrès de l’humanité.

Parmi ces droits, ce sont ceux des femmes comme celui de tout à chacun de disposer de son corps, ceux d’être considérés comme un être libre et également traité, qui sont les premiers attaqués.

La volonté du dogme qui se présente comme vérité incontestable, indiscutable, c’est de s’imposer aux corps comme aux esprits, c’est le rêve ultime de diriger les consciences et les actes, comme dans les régimes dictatoriaux où les alliances entre le pouvoir et la ou les églises règnent. A un autre moment de notre histoire, nous aurions parlé aussi de l’alliance du « sabre et du goupillon ».

Constatons par exemple avec lucidité ce qu’il se passe outre-Atlantique, aux Etats Unis.

Regardez comment en quelques semaines, la destruction de l’Etat de droit, les reculs des libertés, et la stigmatisation des individus selon leurs origines, leurs orientations sexuelles ou leur genre, sont devenues des réalités qui nous sidèrent mais qui pourtant étaient annoncées.

Regardez la remise en cause de la liberté d’expression, de la neutralité des fonctionnaires, de l’indépendance de la justice, ou même de la liberté de certains enseignements y compris dans les universités ! Finira- t-on par brûler des livres là aussi ?

Regardez en Orient, le peu de temps qu’il faut à des théocraties pour s’installer et pour installer méthodiquement des mesures qui annihilent et gomment la moitié de l’humanité, les femmes, jusqu’à leur interdire de parler et d’être vue, en les emmurant.

Regardez en Europe, comment des régimes ont consciencieusement et hypocritement fait régresser les libertés, celles de la presse, de l’indépendance de la justice, des droits des individus, du droit d’association, de la liberté de conscience, et comment les églises sont à la manœuvre, aux côtés de régimes illibéraux dont le seul programme est le retour en arrière, dans une société corsetée, contrôlée, recluse.

Regardez en France, où il ne faut pas être grand clerc pour voir ce qu’il se passe.
Monsieur le député FALORNI nous a rappelé combien le débat sur la fin de vie montrait que les dogmes et ceux qui les portent ne renoncent pas à vouloir nous interdire à disposer de notre corps.

Tout comme Henri CAILLAVET nous rappelait que ce combat de la fin de vie est bien un combat républicain, celui de la liberté de disposer de sa fin, de l’égalité de le faire en France, de la Fraternité qui nous fait obligation de porter secours et assistance à celui qui en appelle à sa dignité. Et c’est donc un combat laïque car c’est celui d’une société civile débarrassée des injonctions des religieux.

Voilà pourquoi la loi de 1905, synonyme d’émancipation, de liberté, d’égalité et de Fraternité sera attaquée comme elle l’a d’ailleurs toujours été.

Elle sera aussi dévoyée par ses faux-amis qui prétendent la soutenir pour mieux la trahir.

Car derrière la laïcité, c’est à la République indivisible, démocratique, sociale et laïque qu’ils s’attaquent, aux principes universalistes et humanistes. Ils disent aimer une certaine France pour s’attaquer à la République.

Nous le réaffirmons ici, la France c’est la République, la République c’est la France, et la Laïcité c’est la République.

Comme disait LAMARTINE : « la République était une surprise, nous en avons fait un miracle ». Et comme le miracle n’est pas notre spécialité, nous avons l’impérieuse nécessité de prendre toutes les mesures réglementaires, les plus hautes, pour protéger la séparation des églises et de l’Etat, et faire en sorte que l’Etat reste chez lui et les Cultes chez eux. C’est le moment.

Tant que la loi de 1905 reste une loi simple, n’importe quelle autre loi peut la modifier.

Un retournement sciemment planifié de jurisprudence n’est pas inimaginable, comme les expériences étrangères nous l’ont prouvé.

Et, je le répète, il est indispensable de rattacher le principe de liberté de conscience à la laïcité, dont il est le fondement. Ce que le Conseil constitutionnel, dont les membres varient régulièrement, n’a pas fait jusqu’alors.

« L’avenir n’est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire » comme disait BERGSON.

Nous avons donc à agir, à nous lever, à nous mobiliser, à partir d’aujourd’hui, au Palais du Luxembourg, et à constituer ce mouvement profond et total.

Nous, Francs-Maçons du Grand Orient de France appelons les Obédiences maçonniques, les organisations et associations amies, les élus et l’ensemble des citoyens, à nous rejoindre, et à demander solennellement que soit conférée au principe de laïcité, dans sa totalité, la valeur constitutionnelle qui lui manque.

Pourquoi aurions-nous procédé à la constitutionnalisation du droit à l’IVG si les droits fondamentaux et imprescriptibles étaient si sécurisés dans ce pays ? C’est bien que des forces agissent. Et bien nous aussi, nous agirons, et nous présenterons les véhicules juridiques qui nous permettrons d’atteindre cette constitutionnalisation.

En son Convent de Lille, les Loges du Grand Orient de France ont solennellement et formellement demandé à porter dès cette année cette revendication ambitieuse et nécessaire en faveur de la constitutionnalisation des 2 premiers articles de la loi de 1905.

Ils doivent d’une manière ou d’une autre figurer dans ce texte fondamental.

Ainsi le principe de laïcité pleinement rattaché à la liberté de conscience sera protégé.

C’est pourquoi les Républicains sincères doivent se mobiliser aussi et dès maintenant avec nous. Si nous avons déjà commencé le travail de consultation et d’élaboration, nous appelons les députés, les sénateurs, les élus en général, les juristes spécialistes de la constitution, les philosophes, les historiens à nous rejoindre pour consolider et déployer cette initiative.

Nous vous invitons à rejoindre cet appel du 24 Février 2025, et à prendre avec nous des initiatives pour agir, pour saisir le flambeau de ce mouvement laïque unitaire et ambitieux.

La constitutionnalisation des articles 1 et 2 de la loi de 1905 en sera le premier des combats.

Je vous remercie de votre attention.

Nicolas PENIN
Grand Maître du Grand Orient de France

Planche / “Liberté d’expression chérie”

“Liberté d’expression chérie”

En hommage à Charlie et tous les autres !

Faire une planche, oui mais sur quoi ? Vaste domaine, un sujet que je connais, que j’aime, qui me touche, bref je tourne en rond comme devant une page blanche qui s’allonge, alors que le choix s’offre à moi ! Et par rebonds successifs et d’actualités nous voilà 10 ans après … 10 ans après quoi ?

L’attentat contre le journal Charlie Hebdo ! Mais pas seulement, Charlie Hebdo est un symbole, symbole de nos Libertés !

Et comme dirait le Canard enchaîné “La liberté de la presse ne s’use que quand on ne sert pas !” et qu’on peut regretter parfois de ne pas avoir dit, comme quand l’on perd un être cher ! Donc vaut mieux une liberté qui gratte, qui insupporte ou que l’on ne sert pas que pas ou plus de liberté du tout !

Petites définitions essentielles : 

Le mot “caricatura” (du latin populaire “caricare” donne “charger”, “exagérer”, lui-même est issu du gaulois “carrus”, “char”), qui peut se définir par : une caricature est une représentation révélant des aspects déplaisants, risibles, accentuer, exagérer.

Education : instruire un enfant pour le rendre indépendant, responsable et libre de ses choix dans sa vie d’adulte. Humour : réflexions personnelles et parfois partagées sur le monde insolite voir absurde qui nous entoure et qui amène à voir la vie en souriant . Humour noir : idem mais en grinçant. Ironie : idem mais à l’envers. Sarcasme : idem mais un ton plus haut, donc plus bas ! 

Une courte histoire :

La liberté d’expression et la caricature ont une histoire aussi riche que complexe, marquée par des luttes sociales et sociétales, des évolutions culturelles et technologiques. Et des affrontements historiques, militaires, politiques et religieux que ce soit en France ou ailleurs. La période Antique, autour du bassin méditérannéen commence avec des dessins de portraits en Egypte ancienne, en Grèce sur des vases et du côté de Rome par des graffitis. Le pouvoir et les leaders en place découvrent l’autre côté de la pièce ou leurs visages y sont représentés. Au moyen-âge (500 à 1490), la discipline se poursuit plus discrètement, car elle est plus “encadrée” par le pouvoir royal et religieux. Mais des cathédrales en gardent quelques souvenirs ironiques si vous savez où lever la tête ainsi que les Grotesques, lettres en enluminures décoratives et fantaisistes. En 1317, le roman de Fauvel représente le roi Philippe le Bel par une tête d’âne, une critique ouverte de la corruption des puissants (roi et religieux) et en 1327, Umberto Eco et Jean-Jacques Annaud nous font frissonner dans une énigme ou le coupable selon les enquêteurs ou la police serait … la dérision ou son absence. La Renaissance (1400 à 1600) libère l’étaux, en 1450, l’imprimerie de Gutenberg fait son effet et se répand aussi vite que ses productions parallèles, 1470 elle arrive en France à la Sorbonne de Paris. Les guerres de Religion (1562 à 1598) passe aussi par une guerre des images et de la représentation des puissances adverses. C’est aussi la période des Grandes découvertes (à partir de 1400) où ces multitudes aventures sapent tant de principes verticaux établis. L’Ancien Régime (1589 à 1790) voit également continuer de se développer cette contre information du pouvoir en place, par le Protestantisme animé par Luther, qui s’autorise à réécrire les relations entre croyants et l’autorité papale. En Angleterre également, John Milton en 1644 avec son “Aeropagitica” qui défend la liberté de la presse. Et une pensée pour Molière, satire devenu éternel en seulement quelques années (1650 à 1670) et une vingtaine de pièces de théâtre. Le Siècle des Lumières (1700 à 1800), par ce grand mouvement philosophique ou se brasse les idées sociétales et connaissances scientifiques, continue de bousculer le religieux. Cette période marque l’ouverture au monde. De par ses nombreuses avancées philosophiques et découvertes scientifiques, les vérités supérieures et inamovibles établies vacillent.  La Révolution française (1789 à 1799) et Voltaire consacrent la liberté du “Tiers-État. Et on aurait même aperçu Marie-Antoinette en poule d’Autriche dans un journal. La liberté d’expression est inscrite à l’article 11 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen (DDHC) de 1789. Elle fait partie de nos droits fondamentaux.La caricature est un droit constitutionnel. 

Ce qui nous amène au 19eme siècle, pour certains l’âge d’or de la caricature, car la discipline se diffuse pour continuer de dénoncer les injustices sociales et politiques. Avec entre autres pour la France, le journal Charivari, ce quotidien puis hebdomadaire qui vécut une centaine d’années (1832 à 1937). Nombreux dessinateurs se révélèrent au public comme Charles Philipon (son fondateur), Nadar aussi connu comme photographe, Gustave Doré, Honoré Daumier et tant d’autres … Charivari a marqué les mémoires pour un procès célèbre, en 1831 le journal “La caricature” a croqué Louis-Philippe 1er par une poire, condamné mais resté dans l’éternité par sa défense et par la publication du jugement dans le journal Charivari en forme de … poire, elle-même interdite de représentation ! 

En 1881, est prononcée la loi dite sur la liberté de la presse et donc aussi de ses responsabilités, un cadre légal, c’est la suite de l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789. Aux alentours de 1900, de nombreux journaux fleurissent, la carte postale fait aussi partie de la panoplie. On profite aussi de 1905 avec la Laïcité, où l’on sépare officiellement les églises de l’Etat, la satire se fait toujours plaisir !  Le 10 septembre 1915, “Le Canard enchaîné” est fondé, il subit de suite la censure militaire. Ses dessins nous accompagnent depuis toujours et chaque politique se voit ou c’est vu immortalisée par Cabu, Chappatte, Bouzard, Wozniak et tant d’autres, le Canard passe son centenaire haut la main. 1930 voit l’essor des Fanzines, parlant de tout et de rien entre passionnés.

Après la Seconde Guerre mondiale, la liberté d’expression est consacrée dans des textes comme la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), mais son application varie grandement selon les pays. La caricature devient un outil universel de la critique politique et sociale, mais souvent malheur a celui qui ne corrige pas son trait assez vite ! Mai 68, de part ses dessins au style épuré et une phrase courte, les slogans percutent directement et grave nos mémoires ! Le journal “bête et méchant” Hara-Kiri, accouché en 1960 par Cavanna et le professeur Choron, fait les délices des prétoires, puis Charlie Hebdo prend le relai.

Charlie hebdo : en 2011, incendie du siège dans le cadre de l’affaire des caricatures de Mahomet (publication de 12 caricatures en 2005 dans un journal danois) et en 2015 attentat par les frères Kouachi. Le site internet de Charlie Hebdo.

Par ce rappel historique, on voit que la caricature accompagne le développement de l’Humanité, de par son regard qui va de “légèrement acidulé” à “délicieusement acerbe”, elle abonde nos idées, nos réflexions qu’elles soient personnelles, collectives et publiques, nul ne peut se passer du tamis de la presse, de ses éditorialistes et de ses croqueurs du quotidien pour alimenter sa pensée critique, car il s’agit bien de cela, penser avec discernement, arguments et contre argumentations, pour affûter son esprit, on est libre de choisir son média, même les plus mauvais, et de faire de nous des femmes et hommes libres de … choisir. Je pense à l’émission “Culture Pub”. Qui n’a jamais rigolé en voyant une bonne publicité sur un produit du quotidien dans une situation qu’il l’est beaucoup moins ? Même si chaque culture à son humour et ses codes, le tronc commun est là, inamovible, comme une symbolique universelle qui nous touche tous. Et pourtant nous consommons tous les jours, nous construisons cette société de consommation mais avec un peu plus de discernement. Je pense que cette deuxième face qui nous entoure est indissociable à notre équilibre et à notre développement, tel un mouvement perpétuel qui s’alimente lui-même. 

Dans notre démocratie, le fait de publier une satire, permet de questionner toutes les idéologies dominantes voire absolues, également les croyances religieuses et les figures d’autorité. En se permettant de bousculer les tabous, les caricatures et dessins rappellent que personne ne doit être au-dessus de la critique.

Liberté oui mais aussi quelques devoirs, cette liberté engendre nécessairement des responsabilités, une juridiction existe pour cela. Mais restreindre ces dessins reviendrait à instaurer une forme de censure et à limiter la capacité de la presse à s’exprimer librement, encore qu’après 7 millions d’amendes et 35 réprimandes il est grand temps de fermer l’antenne. Idem pour la musique, théâtre, exposition, concert … lieux de liberté que certains par l’autocensure cherchent à instaurer, par des influences, pressions, menaces, poursuites abusives et agressions. 

De nos débats publics à nos discussions de comptoirs, ils créent de la réaction, ils nourrissent les échanges, parfois vifs, controversés ou sans écho, le trait juste fait toujours son chemin, comme l’eau qui coule de la source.  

Parfois quand le sujet est trop grave, conséquent, intime voire tabou. L’humour du crayon permet d’aborder le sujet avec plus de légèreté et de recul. Le sujet sera abordé mais permettra de désamorcer les réflexes et réactions trop hâtives. Également quand le sujet est complexe, inhabituel ou inconnu, prendre un peu de recul est nécessaire. Le pluralisme et la diversité des médias permettent d’y répondre, un dessin de presse étranger, anglo-saxon, africain permet de relativiser beaucoup de choses. Je pense aux Une du New Yorker, aux dessins du Courrier international et à l’association Cartooning for peace. 

Cet art délicat n’est pas inné, il s’acquiert, se travaille et donc il va de soit qu’il s’enseigne à l’école. Cela permet d’apprendre à décrypter l’actualité en général et les médias en particulier. Aussi cela stimule la créativité et l’humour, nous fait découvrir l’histoire de l’art et l’histoire du monde. Le fait de s’exprimer par des biais différents, exerce aux débats ainsi que ses engagements personnels, tel la plaidoirie de l’avocat défendant les libertés !  

Notre culture générale se forge tous les jours, nos avis et convictions aussi, tous les jours nous dosons nos envies de chambouler le système, mais quid de l’autre, le différent, le barbare du jour, mais ayant tout de même sa sensibilité propre. Encore plus, habitant une planète globalisée ou beaucoup trop de choses circulent instantanément. Les sujets ne manquent pas et les enfants engendrés par elle n’ont plus car la liberté d’expression, liberté fondamentale à fait naître et reconnaître la liberté d’opinion, la liberté de la presse, la liberté de manifestation et le droit de grève. Qu’il est heureux de s’apercevoir qu’un trait de plume sur une feuille vierge est pu et continuera de faire s’écouler la liberté, tel un ruissellement parfois douloureux ! 

Et il va nous en falloir une sacrée dose d’humour ou de dérision, de culture générale et de discernement dans cette nouvelle époque que nous franchissons. Politique et relations internationales se durcissent tous les jours, où réalité se mêlent d’informations alternatives afin que le monde corresponde à certains désirs insensés. Car ce nouveau continent informationnel est parsemé d’embûches, où voir est trompeur, vouloir comprendre devient confus, croire est à la fois savoir et raison, mais comme mon avis est plus liké que le tien, j’ai donc raison ! Les fondamentaux sont en péril car la Police de la pensée approche, la fameuse police du roman “1984” écrit en 1949 par George Orwell et sa Novlangue qui réécrit l’histoire passée en fonction du sujet du moment. 

Ce qu’on aime, ce qu’on envie, ce qu’on aime pas, ce qu’on déteste, interdire ce qu’on aime pas mais qu’est-ce qui va rester et qui choisit ! Interdire, donc nier l’idée, nier la personne, la faire disparaître ? L’autre dérange, l’autre est barbare, donc c’est la guerre !!!  Il ne va pas rester grand monde très rapidement … 

Monde étrange ou vouloir “porter la plume dans la plaie” peut s’avérer mortel, certains en voulant les faire taire en les tuant, les ont rendus iconiques, immortels. Il est étrange de tenir en main de simples papiers devenus de tels monuments historiques, le poids, le symbole créé se ressent !

Merci à Richard Malka pour sa plaidoirie publiée “Le droit d’emmerder Dieu!”.

Et pour finir, comme un petit dessin vaut mieux qu’un trop long discours, il n’est jamais trop tard pour se fendre … la poire 😉

j’ai dit. 

Vidéo / « Et la laïcité, bordel ? » par Riss, Directeur de la publication et Gérard Biard, Rédacteur en chef de Charlie Hebdo

Conférence publique de la rédaction de Charlie Hebdo jeudi 23 Janvier 2025 au siège du Grand Orient de France, à Paris. Intervenants :

  • Riss, Directeur de publication de Charlie Hebdo,
  • Gérard Biard, Rédacteur en chef de Charlie Hebdo,

En présence de Nicolas Penin, Grand Maître du Grand Orient de France et d’une délégation du Conseil de l’Ordre.

Site internet de Charlie Hebdo

Quoi faire pour la journée nationale de la Laïcité du 9 décembre 2024 ?

La laïcité, un principe inscrit dans la Constitution

La laïcité affirme le droit d’avoir ou de ne pas avoir de religion, d’en changer ou de ne plus en avoir.

Elle garantit le libre exercice des cultes et la liberté de religion, mais aussi la liberté vis-à-vis de la religion : nul ne peut être contraint au respect de dogmes ou prescriptions religieuses.

Ce principe est inscrit dans l’article premier de notre Constitution :

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Article Ier de la Constitution française

Site de référence sur la Laïcité

La laïcité célébrée à l’école

Dans les établissements scolaires, cet anniversaire est marqué, depuis 2015, par des actions éducatives : organisation de débats, de conférences, d’activités pédagogiques autour du principe de laïcité.

La loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, institutionnalise cette journée au sein de l’ensemble de la fonction publique.

Ainsi désormais, dans chaque administration, collectivité territoriale ou établissement public, un référent laïcité est désigné et chargé d’informer et d’accompagner les agents et d’organiser le 9 décembre la journée nationale de la diversité.

Réaffirmer les valeurs de la République

La journée du 9 décembre est aussi marquée par la remise du prix de la laïcité de la République française, avec une enveloppe de 50 000 euros destinée aux projets sélectionnés par le Comité interministériel de la laïcité.

Le secrétariat de ce comité, installé en juillet 2021 pour succéder à l’Observatoire de la laïcité, répertorie toutes les initiatives locales et nationales qui mettent en valeur le principe de la laïcité.

Par ailleurs, le 9 novembre 2022, le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse a publié une circulaire relative à la mise en place d’un plan laïcité afin de renforcer l’accompagnement des enseignants et des chefs d’établissements pour faire face aux atteintes à la laïcité dans le milieu scolaire.

Le site de référence sur la laïcité

Bal de la laïcité du Collectif Laïque National le dimanche 8 décembre 2024

2 tables rondes :
– Urgence pour l’école républicaine
– Femmes, sport et laïcité

Grand bal de la laïcité animé par l’orchestre Flashback 80

Toutes les informations sur le Bal de la Laïcité du 8 décembre 2024

Conférence publique « 120 ans de laïcité, 120 ans de liberté » le lundi 9 décembre

Conférence publique dans le cadre de l’anniversaire de la Loi de 1905, en présence de Nicolas PENIN, Grand Maître du Grand Orient de France et d’une délégation du Conseil de l’Ordre.

Toutes les informations sur cette conférence du 9 décembre 2024

Rassemblement en hommage aux Martyrs de la Commune de Paris, pour la République et la Laïcité

Grand rassemblement annuel en hommage aux Martyrs de la Commune de Paris, pour la République et la Laïcité, mercredi 1er mai 2024 à 10h. Rendez-vous à 9h30 au centre du Columbarium du cimetière du Père-Lachaise.

Bannières, sautoirs et cordons sont les bienvenus.

Guillaume Trichard, Grand Maître du Grand Orient de France et les membres du Conseil de l’Ordre vous invitent au rassemblement ce mercredi 1er mai 2024.

Entrée la plus proche, par la rue des Rondeaux (entrée Porte Gambetta) (Métro Gambetta, puis prendre l’avenue du Père Lachaise en direction du cimetière), Métro Ligne 3 et 3bis, sortie Père Lachaise, bus 26, 60, 61, 66, 69 et 102 – arrêt Place Gambetta

« Réparer la République » Conférence à suivre en ligne en mémoire de Samuel Paty

Conférence publique en mémoire de Samuel Paty, organisée par le Collectif Laïque National lundi 16 octobre 2023 20h à Paris.

L’évènement étant complet, suivez-le en direct sur la chaîne Youtube du Grand Orient de France : www.youtube.com/GrandOrientdeFranceOfficiel

Envoyez vos questions par SMS au 06.75.21.49.66

Avec les intervenants : Catherine KINTZLER, philosophe

1ere table ronde > Liberté d’enseigner : Alain SEKSIG, membre du Conseil des Sages de la laïcité, Eddy KHALDI, président de la Fédération des DDEN (Délégué Départemental de l’Éducation Nationale), Benoît KERMOAL, enseignant et Damien BOUSSARD, enseignant

2eme table ronde > Liberté d’expression : Sophia ARAM, humoriste, comédienne, chroniqueuse, Yaël GOOSZ, journaliste à France Inter, Hadrien BRACHET, journaliste à Marianne

Et en présence de Guillaume TRICHARD Grand Maître du Grand Orient de France

Plus d’informations sur la conférence à suivre en ligne

Cérémonie en hommage à Samuel PATY

Cérémonie en hommage à Samuel PATY lundi 16 octobre 2023 à 11h au Square Samuel PATY (75005 PARIS).

Plus d’informations sur l’hommage à Samuel Paty