Planche / “Liberté d’expression chérie”

“Liberté d’expression chérie”

En hommage à Charlie et tous les autres !

Faire une planche, oui mais sur quoi ? Vaste domaine, un sujet que je connais, que j’aime, qui me touche, bref je tourne en rond comme devant une page blanche qui s’allonge, alors que le choix s’offre à moi ! Et par rebonds successifs et d’actualités nous voilà 10 ans après … 10 ans après quoi ?

L’attentat contre le journal Charlie Hebdo ! Mais pas seulement, Charlie Hebdo est un symbole, symbole de nos Libertés !

Et comme dirait le Canard enchaîné “La liberté de la presse ne s’use que quand on ne sert pas !” et qu’on peut regretter parfois de ne pas avoir dit, comme quand l’on perd un être cher ! Donc vaut mieux une liberté qui gratte, qui insupporte ou que l’on ne sert pas que pas ou plus de liberté du tout !

Petites définitions essentielles : 

Le mot “caricatura” (du latin populaire “caricare” donne “charger”, “exagérer”, lui-même est issu du gaulois “carrus”, “char”), qui peut se définir par : une caricature est une représentation révélant des aspects déplaisants, risibles, accentuer, exagérer.

Education : instruire un enfant pour le rendre indépendant, responsable et libre de ses choix dans sa vie d’adulte. Humour : réflexions personnelles et parfois partagées sur le monde insolite voir absurde qui nous entoure et qui amène à voir la vie en souriant . Humour noir : idem mais en grinçant. Ironie : idem mais à l’envers. Sarcasme : idem mais un ton plus haut, donc plus bas ! 

Une courte histoire :

La liberté d’expression et la caricature ont une histoire aussi riche que complexe, marquée par des luttes sociales et sociétales, des évolutions culturelles et technologiques. Et des affrontements historiques, militaires, politiques et religieux que ce soit en France ou ailleurs. La période Antique, autour du bassin méditérannéen commence avec des dessins de portraits en Egypte ancienne, en Grèce sur des vases et du côté de Rome par des graffitis. Le pouvoir et les leaders en place découvrent l’autre côté de la pièce ou leurs visages y sont représentés. Au moyen-âge (500 à 1490), la discipline se poursuit plus discrètement, car elle est plus “encadrée” par le pouvoir royal et religieux. Mais des cathédrales en gardent quelques souvenirs ironiques si vous savez où lever la tête ainsi que les Grotesques, lettres en enluminures décoratives et fantaisistes. En 1317, le roman de Fauvel représente le roi Philippe le Bel par une tête d’âne, une critique ouverte de la corruption des puissants (roi et religieux) et en 1327, Umberto Eco et Jean-Jacques Annaud nous font frissonner dans une énigme ou le coupable selon les enquêteurs ou la police serait … la dérision ou son absence. La Renaissance (1400 à 1600) libère l’étaux, en 1450, l’imprimerie de Gutenberg fait son effet et se répand aussi vite que ses productions parallèles, 1470 elle arrive en France à la Sorbonne de Paris. Les guerres de Religion (1562 à 1598) passe aussi par une guerre des images et de la représentation des puissances adverses. C’est aussi la période des Grandes découvertes (à partir de 1400) où ces multitudes aventures sapent tant de principes verticaux établis. L’Ancien Régime (1589 à 1790) voit également continuer de se développer cette contre information du pouvoir en place, par le Protestantisme animé par Luther, qui s’autorise à réécrire les relations entre croyants et l’autorité papale. En Angleterre également, John Milton en 1644 avec son “Aeropagitica” qui défend la liberté de la presse. Et une pensée pour Molière, satire devenu éternel en seulement quelques années (1650 à 1670) et une vingtaine de pièces de théâtre. Le Siècle des Lumières (1700 à 1800), par ce grand mouvement philosophique ou se brasse les idées sociétales et connaissances scientifiques, continue de bousculer le religieux. Cette période marque l’ouverture au monde. De par ses nombreuses avancées philosophiques et découvertes scientifiques, les vérités supérieures et inamovibles établies vacillent.  La Révolution française (1789 à 1799) et Voltaire consacrent la liberté du “Tiers-État. Et on aurait même aperçu Marie-Antoinette en poule d’Autriche dans un journal. La liberté d’expression est inscrite à l’article 11 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen (DDHC) de 1789. Elle fait partie de nos droits fondamentaux.La caricature est un droit constitutionnel. 

Ce qui nous amène au 19eme siècle, pour certains l’âge d’or de la caricature, car la discipline se diffuse pour continuer de dénoncer les injustices sociales et politiques. Avec entre autres pour la France, le journal Charivari, ce quotidien puis hebdomadaire qui vécut une centaine d’années (1832 à 1937). Nombreux dessinateurs se révélèrent au public comme Charles Philipon (son fondateur), Nadar aussi connu comme photographe, Gustave Doré, Honoré Daumier et tant d’autres … Charivari a marqué les mémoires pour un procès célèbre, en 1831 le journal “La caricature” a croqué Louis-Philippe 1er par une poire, condamné mais resté dans l’éternité par sa défense et par la publication du jugement dans le journal Charivari en forme de … poire, elle-même interdite de représentation ! 

En 1881, est prononcée la loi dite sur la liberté de la presse et donc aussi de ses responsabilités, un cadre légal, c’est la suite de l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789. Aux alentours de 1900, de nombreux journaux fleurissent, la carte postale fait aussi partie de la panoplie. On profite aussi de 1905 avec la Laïcité, où l’on sépare officiellement les églises de l’Etat, la satire se fait toujours plaisir !  Le 10 septembre 1915, “Le Canard enchaîné” est fondé, il subit de suite la censure militaire. Ses dessins nous accompagnent depuis toujours et chaque politique se voit ou c’est vu immortalisée par Cabu, Chappatte, Bouzard, Wozniak et tant d’autres, le Canard passe son centenaire haut la main. 1930 voit l’essor des Fanzines, parlant de tout et de rien entre passionnés.

Après la Seconde Guerre mondiale, la liberté d’expression est consacrée dans des textes comme la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), mais son application varie grandement selon les pays. La caricature devient un outil universel de la critique politique et sociale, mais souvent malheur a celui qui ne corrige pas son trait assez vite ! Mai 68, de part ses dessins au style épuré et une phrase courte, les slogans percutent directement et grave nos mémoires ! Le journal “bête et méchant” Hara-Kiri, accouché en 1960 par Cavanna et le professeur Choron, fait les délices des prétoires, puis Charlie Hebdo prend le relai.

Charlie hebdo : en 2011, incendie du siège dans le cadre de l’affaire des caricatures de Mahomet (publication de 12 caricatures en 2005 dans un journal danois) et en 2015 attentat par les frères Kouachi. Le site internet de Charlie Hebdo.

Par ce rappel historique, on voit que la caricature accompagne le développement de l’Humanité, de par son regard qui va de “légèrement acidulé” à “délicieusement acerbe”, elle abonde nos idées, nos réflexions qu’elles soient personnelles, collectives et publiques, nul ne peut se passer du tamis de la presse, de ses éditorialistes et de ses croqueurs du quotidien pour alimenter sa pensée critique, car il s’agit bien de cela, penser avec discernement, arguments et contre argumentations, pour affûter son esprit, on est libre de choisir son média, même les plus mauvais, et de faire de nous des femmes et hommes libres de … choisir. Je pense à l’émission “Culture Pub”. Qui n’a jamais rigolé en voyant une bonne publicité sur un produit du quotidien dans une situation qu’il l’est beaucoup moins ? Même si chaque culture à son humour et ses codes, le tronc commun est là, inamovible, comme une symbolique universelle qui nous touche tous. Et pourtant nous consommons tous les jours, nous construisons cette société de consommation mais avec un peu plus de discernement. Je pense que cette deuxième face qui nous entoure est indissociable à notre équilibre et à notre développement, tel un mouvement perpétuel qui s’alimente lui-même. 

Dans notre démocratie, le fait de publier une satire, permet de questionner toutes les idéologies dominantes voire absolues, également les croyances religieuses et les figures d’autorité. En se permettant de bousculer les tabous, les caricatures et dessins rappellent que personne ne doit être au-dessus de la critique.

Liberté oui mais aussi quelques devoirs, cette liberté engendre nécessairement des responsabilités, une juridiction existe pour cela. Mais restreindre ces dessins reviendrait à instaurer une forme de censure et à limiter la capacité de la presse à s’exprimer librement, encore qu’après 7 millions d’amendes et 35 réprimandes il est grand temps de fermer l’antenne. Idem pour la musique, théâtre, exposition, concert … lieux de liberté que certains par l’autocensure cherchent à instaurer, par des influences, pressions, menaces, poursuites abusives et agressions. 

De nos débats publics à nos discussions de comptoirs, ils créent de la réaction, ils nourrissent les échanges, parfois vifs, controversés ou sans écho, le trait juste fait toujours son chemin, comme l’eau qui coule de la source.  

Parfois quand le sujet est trop grave, conséquent, intime voire tabou. L’humour du crayon permet d’aborder le sujet avec plus de légèreté et de recul. Le sujet sera abordé mais permettra de désamorcer les réflexes et réactions trop hâtives. Également quand le sujet est complexe, inhabituel ou inconnu, prendre un peu de recul est nécessaire. Le pluralisme et la diversité des médias permettent d’y répondre, un dessin de presse étranger, anglo-saxon, africain permet de relativiser beaucoup de choses. Je pense aux Une du New Yorker, aux dessins du Courrier international et à l’association Cartooning for peace. 

Cet art délicat n’est pas inné, il s’acquiert, se travaille et donc il va de soit qu’il s’enseigne à l’école. Cela permet d’apprendre à décrypter l’actualité en général et les médias en particulier. Aussi cela stimule la créativité et l’humour, nous fait découvrir l’histoire de l’art et l’histoire du monde. Le fait de s’exprimer par des biais différents, exerce aux débats ainsi que ses engagements personnels, tel la plaidoirie de l’avocat défendant les libertés !  

Notre culture générale se forge tous les jours, nos avis et convictions aussi, tous les jours nous dosons nos envies de chambouler le système, mais quid de l’autre, le différent, le barbare du jour, mais ayant tout de même sa sensibilité propre. Encore plus, habitant une planète globalisée ou beaucoup trop de choses circulent instantanément. Les sujets ne manquent pas et les enfants engendrés par elle n’ont plus car la liberté d’expression, liberté fondamentale à fait naître et reconnaître la liberté d’opinion, la liberté de la presse, la liberté de manifestation et le droit de grève. Qu’il est heureux de s’apercevoir qu’un trait de plume sur une feuille vierge est pu et continuera de faire s’écouler la liberté, tel un ruissellement parfois douloureux ! 

Et il va nous en falloir une sacrée dose d’humour ou de dérision, de culture générale et de discernement dans cette nouvelle époque que nous franchissons. Politique et relations internationales se durcissent tous les jours, où réalité se mêlent d’informations alternatives afin que le monde corresponde à certains désirs insensés. Car ce nouveau continent informationnel est parsemé d’embûches, où voir est trompeur, vouloir comprendre devient confus, croire est à la fois savoir et raison, mais comme mon avis est plus liké que le tien, j’ai donc raison ! Les fondamentaux sont en péril car la Police de la pensée approche, la fameuse police du roman “1984” écrit en 1949 par George Orwell et sa Novlangue qui réécrit l’histoire passée en fonction du sujet du moment. 

Ce qu’on aime, ce qu’on envie, ce qu’on aime pas, ce qu’on déteste, interdire ce qu’on aime pas mais qu’est-ce qui va rester et qui choisit ! Interdire, donc nier l’idée, nier la personne, la faire disparaître ? L’autre dérange, l’autre est barbare, donc c’est la guerre !!!  Il ne va pas rester grand monde très rapidement … 

Monde étrange ou vouloir “porter la plume dans la plaie” peut s’avérer mortel, certains en voulant les faire taire en les tuant, les ont rendus iconiques, immortels. Il est étrange de tenir en main de simples papiers devenus de tels monuments historiques, le poids, le symbole créé se ressent !

Merci à Richard Malka pour sa plaidoirie publiée “Le droit d’emmerder Dieu!”.

Et pour finir, comme un petit dessin vaut mieux qu’un trop long discours, il n’est jamais trop tard pour se fendre … la poire 😉

j’ai dit. 

Les violons de l’espoir

Amnon Weinstein est luthier. Né en 1939, il a eu la chance d’arriver à Tel Aviv juste avant la guerre avec ses parents. Tout le reste de sa famille a disparu. Depuis une vingtaine d’années, il restaure les violons de la Shoah. Ceux qui ont été retrouvés dans les camps, ceux qui ont été abandonnés ou confiés avant la déportation… Il leur redonne vie pour ensuite les faire jouer à nouveau et permettre ainsi de faire entendre la voix des absents Amnon répare à sa manière la rupture ignoble de l’histoire. Il réunit des pièces de puzzle de cette population effroyablement décimée. Il nous amène à (ré) écouter des témoignages que l’on a tenté de réduire au silence. Il fait vivre le prolongement des absents. Il répare, il transmet, il nous rappelle le passé pour mieux protéger l’avenir. Chacun de ses violons mériterait un film à lui tout seul. Mais parler de l’ensemble de sa collection c’est montrer combien l’horreur de cette guerre a été aussi bien protéiforme qu’insensée. Mais malgré toute la vie continue et on n’oublie pas les disparus. Amnon Wenstein est décedé en mars 2024 depuis la première diffusion du film en 2022

Le Grand Orient de France aux côtés de Charlie-Hebdo, pour la liberté d’expression

Voici 10 ans, un sombre 7 janvier 2015 la rédaction de Charlie était frappée de plein fouet par un lâche attentat perpétré par des terroristes islamistes. Les noms des 12 victimes de cet ignoble acte auxquels il faut associer la policière lâchement assassinée à Montrouge, ainsi que les 4 otages de l’hyper Cacher fauchés également quelques jours plus tard, resteront à tout jamais gravés dans nos mémoires. Frédéric Boisseau, Philippe Braham, Franck Brinsolaro, Cabu, Yohan Cohen, Elsa Cayat, Charb, Yoav hattab, Honoré, Clarissa, Jean-Philippe, Bernard Marris, Ahmed Merabet, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, François-Michel Saada, Tignous, Wolinski, toutes ces femmes et ces hommes, célèbres ou non, constituent autant de lumières dans la nuit de l’obscurantisme qui les aura ravis à l’affection des leurs, et à l’admiration du plus grand nombre.

Le Grand Orient de France, conformément à son histoire et à sa vocation, est un acteur infatigable de la liberté d’expression et de sa défense en France et partout dans le monde.

Ce triste anniversaire nous rappelle combien il s’agit là d’une valeur ô combien précieuse mais ô combien fragile. Cette liberté n’est autre que le résultat de combats multiséculaires pour la reconnaissance de la liberté de conscience, condition sine qua none de l’émancipation de l’individu et de l’autonomie des sociétés.

Rien, jamais rien ne saurait nous contraindre à renoncer à ce pilier de l’humanisme : ni les menaces, ni les interdits, ni les pressions.

À plusieurs reprises, ces dix dernières années le Grand Orient de France s’honore d’avoir reçu des représentants de la rédaction de Charlie-hebdo. Ils sont ici chez eux, tant notre obédience depuis son origine a toujours été Charlie avant Charlie, avec Charlie, définitivement Charlie au service de l’universalisme.

Nicolas PENIN
Grand Maître du Grand Orient de France

Communiqué du GODF

Charlie Hebdo

Chapitre 3 : le mythe opératif

Nouvelle histoire des Francs-maçons en France

Des origines à nos jours

Par Alain Bauer et Roger Dachez édition Tallandier 2018

Chapitre 3 : le mythe opératif

Une abondante littérature nous permet aujourd’hui de connaître assez bien l’organisation des chantiers médiévaux. Lieu mythique ou sont nés et auxquels se réfèrent toutes les légendes, mais aussi nombre de symboles et de termes utilisés dans la franc-maçonnerie.

La maçonnerie opérative des bâtisseurs de cathédrale est ainsi devenue le modèle idéal de la franc-maçonnerie. Il y a cependant loin d’une certaine imagerie naïve à la réalité très complexe et variée que constitue l’historiographie.

Il faut d’abord renoncer à l’idée trop simple qu’il aurait existé à travers toute l’Europe un type unique d’organisation des chantiers et des métiers du bâtiment. On verra en en Allemagne se développer un système de loge attestée dès la fin du 14e siècle. De même, la France a connu à cette époque de nombreux chantiers. Mais une autre confusion menace celle qui ferait des corporations les précurseurs ou les incubateurs des loges.

Il y avait des corporations. Au sein desquels on ne pratiquait aucune initiation rituelle. Et des loges de chantier qui n’en dépendaient aucunement. Car elle ne relevait pas de l’autorité des institutions municipales comme les guildes et dont les usages rituels éventuels ne nous sont pas parvenus. On ne pas peut pas parler comme l’ont fait certains auteurs des origines corporatives de la franc-maçonnerie. C’est un abus qui traduit une grave méconnaissance des réalités historiques désignées par ces mots.

Un point demeure capital, c’est néanmoins en Angleterre puis en Écosse que c’est opéré la transformation spéculative de la franc-maçonnerie et nulle part ailleurs. C’est à la maçonnerie opérative britannique qu’il faut s’intéresser, et à elle seule, à ses particularités, à ses tribulations historiques, aux circonstances très spécifiques qui ont localement pesé sur son évolution. Depuis le milieu du dix-neuvième siècle, on a redécouvert des textes aujourd’hui au nombre de 130 environ, que l’on regroupe sous le titre générique d’anciens devoirs. Les renseignements qui nous livrent sur les coutumes des chantiers de cette époque sont à la fois substantiels et profondément originaux. Ils méritent toute notre attention puisque c’est à partir de cette tradition anglaise du métier que la franc maçonnerie vient plus tard bâtir sa propre légende dorée.

La plupart des règles dans ces manuscrits sont de nature purement professionnelle et énoncent des principes assez proches de ceux des corporations françaises ou des  loges allemandes. L’autre originalité des anciens devoirs, c’est qu’ils nous décrivent une sorte de cérémonie qui consiste essentiellement en un serment, précédé d’une lecture, sans doute à la fois des devoirs eux-mêmes et de l’histoire du métier en quelque sorte. Une instruction et une légende. Presque l’ébauche d’un rituel il faut ici noter qu’il n’est question ni de poignée de main, ni de signes, ni de mots que les massons posséderaient pour se reconnaître.

Le mot franc-maçon lui-même est un saisissant exemple des confusions que l’usage inconsidéré de certains termes peut engendrer. Il vient de l’anglais freemason et à l’époque opérative, il désignait l’une des variétés d’ouvriers qui travaillaient sur les chantiers une sorte de pierre. Cette pierre, c’était la freestone ou pierre franche et pour cette raison ces maçons se nommaient précisément les freestone masons ce qui devient en français, les maçons de franches pierres. Par contraction, Freestone Mason a donné Free Mason. Ils n’étaient donc que certains acteurs du chantier. Leurs tâches étaient évidemment plus difficiles et donc mieux payées. Ils formaient donc une petite aristocratie du métier. Mais dans une classe d’ouvriers parmi beaucoup d’autres.

Le mot loge s’offre aussi à une semblable revisitation. La loge n’était avant tout sur un chantier anglais du Moyen Âge qu’une de ses nombreuses bâtisses provisoires, édifices de bois, parfois à claire-voie à toit en pente, où les ouvriers pouvaient y travailler quand le soleil frappait trop fort ou quand il pleuvait et c’était aussi un abri pour se restaurer et se reposer pendant les quelques pauses de la journée. C’est là aussi que l’on préparait avec les plus jeunes, les apprentis, le travail du lendemain et que se transmettaient les tours de main et les insultes, les astuces d’exécution, ce qu’on appelle donc les secrets du métier. Il faut aussi souligner que cette loge était loin de ne rassembler que des francs-maçons. On y trouvait aussi des autres ouvriers, des manœuvres. Sans oublier tous les autres métiers sans lesquels le chantier n’aurait jamais pu vivre ni l’œuvre certifiée.

Au début du 16ème siècle en Angleterre, à la suite de l’arrivée du protestantisme, les chantiers des cathédrales s’arrêtent contrairement à l’écosse qui va réglementer le fonctionnement du métier de maçon préfigurant le passage vers les loges spéculatives. C’est la réforme de William Schaw. Par exemple il y a des cérémonies symboliques et un apprenti doit attendre 7 ans avant de devenir compagnon du métier. Il recevait alors le mot du maçon.  On révèle ce mot, comme un secret, à ceux les plus qualifiés. En même temps les loges écossaises qui ne se réunissaient que deux ou trois fois dans l’année, prirent l’habitude de recevoir des notables assez brillants socialement et généreux dans leurs dons à la loge mais très minoritaires dans les effectifs. C’est donc de l’Ecosse que débuta cette maçonnerie spéculative qui va prospérer en Angleterre progressivement de la fin du 17ème siècle et tout au long du 18ème.  

Quoi faire pour la journée nationale de la Laïcité du 9 décembre 2024 ?

La laïcité, un principe inscrit dans la Constitution

La laïcité affirme le droit d’avoir ou de ne pas avoir de religion, d’en changer ou de ne plus en avoir.

Elle garantit le libre exercice des cultes et la liberté de religion, mais aussi la liberté vis-à-vis de la religion : nul ne peut être contraint au respect de dogmes ou prescriptions religieuses.

Ce principe est inscrit dans l’article premier de notre Constitution :

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Article Ier de la Constitution française

Site de référence sur la Laïcité

La laïcité célébrée à l’école

Dans les établissements scolaires, cet anniversaire est marqué, depuis 2015, par des actions éducatives : organisation de débats, de conférences, d’activités pédagogiques autour du principe de laïcité.

La loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, institutionnalise cette journée au sein de l’ensemble de la fonction publique.

Ainsi désormais, dans chaque administration, collectivité territoriale ou établissement public, un référent laïcité est désigné et chargé d’informer et d’accompagner les agents et d’organiser le 9 décembre la journée nationale de la diversité.

Réaffirmer les valeurs de la République

La journée du 9 décembre est aussi marquée par la remise du prix de la laïcité de la République française, avec une enveloppe de 50 000 euros destinée aux projets sélectionnés par le Comité interministériel de la laïcité.

Le secrétariat de ce comité, installé en juillet 2021 pour succéder à l’Observatoire de la laïcité, répertorie toutes les initiatives locales et nationales qui mettent en valeur le principe de la laïcité.

Par ailleurs, le 9 novembre 2022, le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse a publié une circulaire relative à la mise en place d’un plan laïcité afin de renforcer l’accompagnement des enseignants et des chefs d’établissements pour faire face aux atteintes à la laïcité dans le milieu scolaire.

Le site de référence sur la laïcité

Bal de la laïcité du Collectif Laïque National le dimanche 8 décembre 2024

2 tables rondes :
– Urgence pour l’école républicaine
– Femmes, sport et laïcité

Grand bal de la laïcité animé par l’orchestre Flashback 80

Toutes les informations sur le Bal de la Laïcité du 8 décembre 2024

Conférence publique « 120 ans de laïcité, 120 ans de liberté » le lundi 9 décembre

Conférence publique dans le cadre de l’anniversaire de la Loi de 1905, en présence de Nicolas PENIN, Grand Maître du Grand Orient de France et d’une délégation du Conseil de l’Ordre.

Toutes les informations sur cette conférence du 9 décembre 2024

A la découverte de la Franc-maçonnerie pour l’édition 2024 des Journées Européennes du Patrimoine

Les francs-maçons vous ouvrent leur porte à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine.

Vous partirez à la découverte des temples maçonniques : leur huis clos abritant à la fois les échos des idées nouvelles et des éléments de tradition séculaire…
Visites guidées samedi 21 septembre, de 10h à 19h et dimanche 22 septembre, de 10h à 18h sans réservation.

En parallèle, dans le cadre du centenaire du mouvement surréaliste et de notre exposition Le Château Etoilé et la Parole Perdue, Surréalisme & Franc-maçonnerie, le musée présente : Le trésor des Jésuites.
Pièce surréaliste d’André Breton et Louis Aragon, parodiant malicieusement le Grand Orient de France, adaptée et mise en scène en théâtre de papier par Éric Poirier et Yoan Armand Gil.

4 représentations : Dimanche 22 septembre à 11h, 14h, 15h30 et 17h sans réservation.

Cliquez pour connaître le programme complet pour Paris, l’Ile-de-France et la France

Divers aspects de la pensée contemporaine avec Nicolas Penin du GODF « une vision pour le Grand Orient »

Élu au premier tour, lors du convent de Lille, le 22 août, Nicolas Penin, le nouveau Grand maître du Grand Orient de France, a fixé les grandes orientations stratégiques pour l’obédience.

Réparer une république abîmée est l’ambition qu’il place au cœur de son action. Décrivant la forte attractivité actuelle de la principale obédience française (54000 membres), le nouveau Grand Maître a insisté sur sa spécificité : d’un côté, l’exigence de la raison, et de l’autre, celle de la spiritualité, qui conjuguées, constituent une particularité enviable dans le paysage contemporain.

Interrogé, notamment, par Alexis Lacroix et Fabrice Millon, sur sa forte implication dans la région des Hauts- de-France, Nicolas Pénin a souligné le fait que les combats républicain d’aujourd’hui doivent se mener en synergie avec la dimension territoriale. Il a également réaffirmé le caractère non négociable de la défense vigoureuse des principes républicains. Conversation fondatrice.

Ecoutez l’interview de Nicolas Pénin

Nicolas Penin élu Grand Maître du Grand Orient de France

A l’occasion du 159e Convent du Grand Orient de France, réuni à Lille, les Conseillers de l’Ordre ont procédé à l’élection du nouveau Grand Maître. Nicolas Penin, élu dès le premier tour de l’élection, succède à Guillaume Trichard qui, depuis août 2023, a présidé aux destinées de la première Obédience française, fondée en 1728. Le nouveau Grand Maître, rendant hommage à son prédécesseur, a insisté sur la vocation du Grand Orient de France à « penser le monde de demain » et à « contribuer à sa construction ». Nicolas Penin a fait le constat d’une société confrontée « à des mutations sociales, politiques, technologiques et écologiques, à des phénomènes migratoires liés notamment au dérèglement climatique. Autant de bouleversements qui créent de l’inquiétude, ajoutés à des « replis identitaires (qui) menacent notre idéal démocratique »,

Comprendre aujourd’hui pour penser demain : le Grand Maître invite les 54000 frères et soeurs du Grand Orient de France à se mettre au travail dans leurs loges grâce à la rigueur de leur méthode maçonnique et leur appréhension de la complexité, conscients que « leur parole est entendue comme une boussole de la liberté et de la fraternité. » Ils les invitent, dans une démarche initiatique, à inventer le monde de demain, à être force de proposition pour l’école publique laïque, pour une démocratie revivifiée, pour un nouveau contrat social.

Âgé de 48 ans, Nicolas Penin a effectué sa trajectoire professionnelle au sein de l’Éducation nationale, comme conseiller principal d’Éducation. Titulaire d’une licence d’histoire à l’université d’Artois à Arras, spécialisé en histoire contemporaine, il a poursuivi des activités associatives et syndicales, notamment comme secrétaire régional du syndicat UNSA-Éducation pour les Hauts-de-France. Ces engagements en font un connaisseur avisé des problématiques éducatives et de transmission, ainsi que de leur lien avec la question sociale. Depuis 2021, Nicolas Penin exerçait les fonctions de Conseiller de l’Ordre élu par le Congrès régional Nord-Pas de Calais-Picardie et d’Angleterre. (Région 10). Auparavant, il a assumé plusieurs charges au sein du Conseil Régional, notamment celle de président du XXIIIe Congrès (2019-2021). Nicolas Penin a été initié le 24 avril 2007, à l’âge de 31 ans, dans une loge de Béthune, dans le Pas-de-Calais.

Le Bureau d’administration du Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France

Lire le communiqué de presse du GODF

Découvrez le rapport annuel d’activité 2023-2024 du Grand Orient de France pour construire une République universelle.

L’année 2024 a rappelé combien la République était un acquis essentiel mais fragile. C’est tout le sens que le Grand Orient de France, première Obédience libérale et adogmatique du monde, a voulu donner à ses activités ces 12 derniers mois. Des mois de rayonnement et de visibilité, mais aussi de détermination à promouvoir partout en France et dans le monde nos principes d’émancipation, de progrès et de solidarité, ces principes d’une République universelle…

Lire la rapport du GODF 2023 2024

Communiqué de presse / Appel à un sursaut pour une République fraternelle

Dimanche dernier, le 9 juin 2024, la France est entrée dans une phase très inquiétante de son Histoire, avec l’imminence du retour de l’extrême-droite au pouvoir.
Dans trois semaines, à l’occasion des élections législatives anticipées, le risque de voir la France rejoindre le rang de la sombre cohorte des gouvernements populistes et nationalistes d’extrême droite n’aura jamais été aussi élevé.
Les forces les plus réactionnaires cherchent à s’entendre, avec comme seule ambition, celle de remettre en cause tous les fondamentaux de la philosophie des Lumières, sources du progrès.
Dans cette année où nous commémorons la mémoire de ceux qui sont tombés pour notre liberté face au joug nazi et au régime collaborationniste, les Francs-Maçons et les Francs-maçonnes ne peuvent rester muets face au retour du bruit des bottes, des effets de menton et de la geste milicienne.
Fidèles et viscéralement attachés à leur tradition humaniste et universaliste, les Francs-Maçons et les Francs-maçonnes seront plus que jamais de ce combat essentiel, celui de la défense de la République fraternelle. Car il ne faut plus seulement sonner l’alerte, mais agir.
Agir sur le terrain, agir dans nos loges, agir en dehors des temples. Agir, c’est aussi entendre la colère de celles et de ceux qui ont pu par lassitude ou par désespoir, porter le 9 juin dernier leurs suffrages sur les fossoyeurs de la République, afin de les convaincre que l’extrême-droite est une impasse.
Réunies hier au siège du Grand Orient de France, les obédiences maçonniques signataires lancent un appel solennel à la mobilisation de tous les Francs-maçons, frères et sœurs, pour dire non à l’inéluctabilité de la victoire de l’extrême-droite et de son idéologie de la haine.

Les obédiences maçonniques exhortent tous les Francs-maçons à se rassembler le 18 juin à 18h00 à Paris et dans tous les Orients de France.

Les francs-maçons résistants de tout temps à l’hydre haineuse de l’extrême-droite, fidèles aux idéaux de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité se lèvent, déterminés à prendre part dans la reconstruction d’un espoir républicain pour tous.

  • Guillaume TRICHARD, Grand Maître du Grand Orient de France
  • Sylvain ZEGHNI, Grand Maître de la Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain
  • Bernard DEKOKER-SUAREZ, Grand Maître de la Grande Loge Mixte Universelle
  • Christiane VIENNE, Grand Maître de la Grande Loge Mixte de France
  • Jean-Jacques MOUMDJIAN, Grand Maître de la Grande Loge Mixte de Memphis-Misraïm

Paris le 13 juin 2024

Lire la suite du communiqué de presse du 13 juin 2024 – Appel à un sursaut pour une République fraternelle